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Couillard, la chair et le sang

Couillard, la chair et le sang
Photo Simon Clark

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Philippe Couillard me fait parfois penser à cette vieille blague de l’homme qui conduit en sens contraire sur l’autoroute et qui s’exclame: « Les gens sont fous! Ils conduisent tous à l’envers! »

Avec monsieur Couillard, c’est marche ou crève. Vous êtes avec lui, ou contre lui. Vous n’êtes pas d’accord? Alors vous avez tort.

Les propos tenus ce matin par le premier ministre du Québec sont carrément navrants.

Selon lui, les journalistes, analystes et autres observateurs du milieu politique qui émettent certaines réserves suite au remaniement d’hier voudraient de la chair sur la table, du sang et des drames humains.

Hein?

Je veux bien que l’on puisse être critiques à l’endroit du travail des médias. Rien n’est parfait dans ce bas monde. Mais de là à lancer des accusations tous azimuts à savoir que ces derniers ne veulent que des pelotons d’exécution, il y a toujours bien des limites.

En fait, il suffit de s’attarder à l’une des affirmations effectuées par monsieur Couillard ce matin pour expliquer le consensus qui semble se dégager suite à son remaniement.

Ce matin, monsieur Couillard a dit: « Pour vous les journalistes, si t’enlèves pas un ministre, c’est pas bon. »

Non, ce n’est pas ça monsieur le premier ministre.

Nous croyons que vous devriez enlever un ministre SI il n’est pas bon. C’est très différent.

Et Stéphanie Vallée n’a pas été bonne. Encore moins David Heurtel. Lise Thériault a perdu de sa superbe. Francine Charbonneau ne l’a pas perdu, car elle n’en a jamais eu.

Il est là le problème.

Car s’il est vrai que la nomination de certains jeunes talents prometteurs mérite d’être soulignée, il faut aussi dénoncer le manque de courage à tasser le bois mort.

Les Fortin, Melançon, Tremblay, Montpetit, c’est bien. Mais ça n’efface pas le fait que les autres boulets demeurent en selle.

Pourtant, grâce à la loi déposée jadis par Bernard Drainville, les députés démissionnaires ne peuvent plus toucher à la généreuse indemnité de départ lorsqu’ils quittent en raison d’une blessure à l’amour propre. Cela aurait dû décupler l’audace du PM. Mais il n’en fut rien.

Les excès de langage et l’enflure verbale qui caractérisent les interventions du premier ministre quand vient le temps d’attaquer ses adversaires assombrissent de plus en plus le portrait que l’on se fait de l’homme politique. Dommage.