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La télévision à deux vitesses

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La télévision ne coûte pas très cher, même lorsqu’on est abonné à un service de distribution traditionnel comme Vidéotron, Bell ou Cogeco. En comparaison, les Américains déboursent plus que nous, mais leurs divers services offrent plus de chaînes que les nôtres. Les Canadiens paient en moyenne 64 $ par mois, les Américains, 94,85 $.

Comme on paie moins cher, on est un peu moins pressé qu’eux de se désabonner du câble ou du satellite. N’empêche qu’en 2017, 225 000 foyers de plus couperont le cordon. S’il n’y a pas encore de panique chez les distributeurs, c’est qu’ils ont d’autres sources de revenus. Les cinq grands (Bell, Rogers, Shaw, Telus et Vidéotron) augmentent chaque année leur clientèle sans-fil ainsi que le nombre de leurs abonnés à internet.

Même s’ils perdent des plumes, leurs services de distribution traditionnels ne sont pas au bord de la faillite. Cette année, ils rapporteront 9 milliards $. Les services par contournement comme Netflix, Crave, le Club Illico et les autres récolteront 651 millions $. Mais leur chiffre d’affaires croît et celui du câble diminue.

DIRE « BYE BYE » À SON SERVICE

Pour l’instant, il n’y a pas tellement d’économies à dire « bye bye » à son service de traditionnel, car, on le remplace souvent par un ou plusieurs services par contournement, par la télé à la demande et par des services de télévision mobile.

Au Québec, les services par contournement les plus populaires sont dans l’ordre Netflix, le club Illico et tou.tv. La tentation de s’y abonner ou d’ajouter d’autres services si on est déjà abonné à l’un ou l’autre risque de devenir irrésistible, car les contenus originaux qu’on peut regarder en ligne se multiplient.

Netflix, Amazon et Apple en produiront l’an prochain pour 14 milliards $. C’est plus de 30 fois ce que Radio-Canada et TVA dépenseront en programmation. De son côté, Google produira une quarantaine de films et de séries dans l’intention évidente d’augmenter la clientèle de YouTube Red, son service payant, exempt de publicité.

LES AVANTAGES D’ILLICO ET TOU.TV

Même si le club Illico et tou.tv sont loin d’avoir les moyens de ces géants, ils n’en offrent pas moins la possibilité de visionner en rafale, sans pauses publicitaires, des émissions et des séries nouvelles que les moins fortunés pourront voir plus tard à la télé. Mais à la petite semaine et interrompus constamment par une série de messages publicitaires, les mêmes se répétant jusqu’à l’écœurement.

Il n’y a pas grand-chose que les diffuseurs peuvent changer s’ils veulent survivre, mais la publicité dont ils n’ont pas le choix d’abuser est devenue leur ennemie la plus sournoise. Sa trop grande fréquence et son exaspérante répétition poussent de plus en plus de téléspectateurs à s’abonner aux services de distribution par contournement ou à regarder la télé à la demande.

Les moins honnêtes d’entre nous (ou les plus futés, c’est selon...) achètent des gadgets illicites ou prennent d’autres moyens pour déjouer le système et regarder gratuitement ce qu’ils veulent. Les autres s’abonnent ou achètent des films et des séries qu’ils peuvent regarder sans publicité.

C’est la télévision à deux vitesses, l’une pour les plus riches, l’autre pour la classe moyenne et les sans-le-sou.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

À compter de mercredi prochain, TVA Sports présentera des matchs de lutte. Michel Normandin va se retourner dans sa tombe.