/opinion/columnists
Navigation

L’écologisme supplante la nation

Coup d'oeil sur cet article

L’Alberta menace de couper la péréquation aux « quémandeux » du Québec qui veulent bien toucher l’argent du pétrole tout en refusant qu’un oléoduc perce leur territoire. Mais quelque chose a changé : ce ne sont pas les « méchants séparatistes » qui ont bloqué le projet, ce sont les écologistes.

Aujourd’hui, les adversaires du nationalisme québécois ne se cachent plus pour le conspuer, à commencer par le « triumvirat » Trudeau-Couillard-Coderre, allergique à l’identité (sauf celle des minorités, bien sûr). Pendant que la gauche attaque la nation au nom de minorités dont elle fait son pain et son beurre, la droite l’accuse de freiner l’économie, notamment par la faute de l’anémique loi 101.

Cependant, personne n’ose se dire contre l’environnement. C’est le nouveau souverain bien. Prenez une foule d’enfants qui sortent de l’école et demandez-leur : 100 % sont écologistes. Il faut écouter la radio populaire pour entendre de fausses notes.

Opposition écolo

L’ex-ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, l’an dernier, m’avait plutôt convaincu de la pertinence économique, pour le Québec, de laisser passer l’oléoduc Énergie Est. En tout cas, l’argumentaire en faveur du projet n’était pas sans qualité.

Mais si, il y a 10 ou 20 ans, l’opposition québécoise aurait été surtout nationale, force est d’admettre qu’elle est maintenant principalement écologique. Même si le Québec avait engrangé des milliards avec l’oléoduc, le refus des « verts » aurait été aussi éclatant.

Fini les grands projets

Aucun des grands projets hydroélectriques de Johnson, Lesage ou Bourassa ne trouverait grâce aux yeux des écologistes d’aujourd’hui. Cela dit, je suis étonné de leur silence au sujet du mégachantier du pont Champlain (qui doit perturber la faune aquatique).

L’Alberta n’a peut-être pas tort d’être fâchée et de vouloir nous priver de bonbons, mais ce n’est plus une querelle nationale. La jeunesse s’est reconvertie ; la nation n’a plus la cote, l’écologisme a gagné la bataille. La balle n’est plus dans le camp des « séparatistes ».