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Les tarifs des taxis revus, pendant qu’Uber prépare sa valise...

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Photo Simon Clark

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À quelques heures de l’ultimatum d’Uber qui menace de mettre fin à ses activités au Québec dès samedi, l’industrie du taxi se prépare à revoir ses tarifs, qui pourraient bondir de près de 6%.

Les tarifs de taxis sont gelés depuis 2012, malgré les indicateurs à la hausse des couts d’exploitation liés aux permis de taxis. La Commission des transports du Québec évalue les manque à gagner à 5,9%, en vertu de son indice du coût du taxi.

Dans leur décision de l’an dernier, les commissaires de la CTQ ont reconduit les demandes des intervenants du milieu, qui indiquaient que «l’arrivée d’Uber influe à la baisse sur le prix demandé pour une course [...]». Ainsi, «l’indexation des coûts du taxi ne ferait que diminuer la demande de transport», peut-on lire. Une audience publique de la CTQ est prévue les 24 et 25 octobre prochains, pour réévaluer les tarifs.

«Pour l’instant, on ne sait pas ce qui va arriver. C’est certain que l’augmentation maximale est de 5,9%, il se peut que les intervenants demandent une plus grande ou une plus petite augmentation, mais en fin de compte, il faut que ce soit accepté par les commissaires», explique la porte-parole de la Commission des transports, Johanne St-Laurent.

Augmentation la nuit?

Une telle hausse n’est toutefois pas dans les cartons, selon Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), qui assistera à l’audience publique. Le cas échéant, les nouveaux tarifs seraient en vigueur le 1er avril.

«Pour le moment, ce n’est pas envisagé», mentionne M. Homsy, qui devra rencontrer ses membres au cours des prochains jours. Une proposition quant à l’augmentation des tarifs la nuit, pourrait par contre être faite aux commissaires. «Nous avons des creux la nuit, notre objectif c’est de ne pas augmenter, mais est-ce qu’on doit voir à moduler le prix la nuit? On doit l’analyser», a-t-il indiqué.

Selon M. Homsy, le sort d’Uber n’influencera en rien ses propositions.

Le nouveau ministre questionné

Pendant ce temps sur la colline parlementaire, le nouveau ministre des Transports André fortin était sollicité de toute part, quant à son orientation sur l’épineux dossier. Il n’a cependant pas réagi, hier.

De son côté, la Coalition Avenir Québec propose de prolonger d’un mois l’actuel projet-pilote, le temps que M. Fortin affronte son «premier test» et règle ce dossier. «À 48 heures de la fin du projet-pilote, je pense qu’il serait important que M. Fortin puisse dire à Uber : ‘‘Regardez, on n’a peut-être pas agi de la bonne manière, on avait une fin de non-recevoir avec [l’ancien ministre des Transports] Laurent Lessard, mais là j’ose croire qu’on va être capable de trouver un terrain d’entente», a commenté François Bonnardel.

Québec solidaire implore pour sa part le nouveau ministre des Transports à ne pas courber l’échine devant Uber.

Une ligne dure que le premier ministre Philippe Couillard a promis de suivre, promettant également l’équité pour l’industrie du taxi. «S’il y a des conséquences économiques démontrées sur les chauffeurs de taxi pour la valeur de leur permis, on va apporter une compensation juste», a-t-il laissé savoir.

Ni la direction d’Uber Québec ni le ministre des Transports n’ont retourné les appels du Journal, jeudi.

- Avec la collaboration de Kathryne Lamontagne