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Déjà 10 000$ de dettes à 22 ans

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À 18 ans, alors qu’il était en deuxième année de cégep, Marc-Antoine a fait sa première demande de carte de crédit au kiosque d’une institution financière dans le cadre d’une journée d’activités. Deux semaines plus tard, une limite de 1000 $ lui est accordée.

La compagnie de crédit n’a pas exigé que les parents de Marc-Antoine l’endossent, et celui-ci est tout fier de sa liberté financière nouvelle. Au début, l’étudiant ne l’utilise que pour payer l’essence de son véhicule, et il se fait un devoir de rembourser chaque semaine le montant dépensé. Mais un jour, il met le doigt dans l’engrenage...

Un endettement progressif

Progressivement, Marc-Antoine se sert de sa carte pour payer de plus en plus de dépenses personnelles. Lorsque sa voiture tombe en panne et nécessite 1500 $ de réparations, il contacte l’émetteur de sa carte pour obtenir une augmentation de sa limite de crédit, qui monte alors à 2000 $. « Dès lors, Marc-Antoine n’a plus été en mesure de rembourser le solde complet chaque mois, mais plutôt le montant minimum requis, soit 45 $, l’équivalent de 3 % », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés.

Désormais sur le marché du travail, le jeune homme, actuellement âgé de 22 ans, a obtenu des augmentations de crédit graduelles qui l’ont mené jusqu’à 10 000 $. « Son solde impayé de 1500 $, il y a deux ans, atteint aujourd’hui 10 000 $. Le paiement minimum est de 300 $ par mois, ce qui représente 15 % de son revenu net mensuel de 1800 $ », précise M. Fortin. Combien de temps lui faudra-t-il pour régler sa dette s’il s’en tient au paiement minimum ? Vingt-deux ans, sans compter les 12 000 $ en intérêts !

Revoir le budget

Pour se tirer de ce mauvais pas, Marc-Antoine est allé consulter le syndic Fortin. « Nous avons refait son budget pour tâcher d’augmenter la somme disponible pour rembourser sa dette. Après des ajustements au niveau des dépenses, nous avons réussi à dégager un surplus de 230 $ par mois. Son projet de changer de voiture devra être reporté, mais c’est un sacrifice nécessaire, compte tenu de son endettement progressif et continu », fait valoir Pierre Fortin.

Avec ce nouveau budget en main, l’institution financière de Marc-Antoine a aussi accepté de convertir le solde de sa carte de crédit en prêt personnel. Avec un taux d’intérêt de 10 % comparativement à 20 % sur la carte, le paiement mensuel est désormais de 212 $ sur 60 mois avec 2800 $ d’intérêt, au lieu de 300 $ par mois sur 22 ans avec 12 000 $ d’intérêts. Une énorme économie !

« Nous avons suggéré à Marc-Antoine de conserver sa carte de crédit, car celle-ci fait maintenant partie de son historique de crédit. S’il ne l’utilise que peu à la fois et qu’il rembourse le solde complet tous les mois sans exception, elle contribuera aussi à améliorer le pointage dans son dossier de crédit », mentionne Pierre Fortin.

Conseils

  • Le simple fait de détenir une carte de crédit peut créer un faux sentiment de richesse. Nous sommes tous à risque de tomber dans la spirale de l’endettement, mais ceux qui en sont à leur première expérience de crédit le sont encore davantage. Pensez-y lorsque vous remplirez votre première demande de carte...
  • Les cas d’augmentation progressive des limites de crédit sont malheureusement davantage la norme que l’exception. Le danger de l’endettement fait maintenant partie de notre quotidien et apprendre à bien gérer son crédit est indispensable. Les nouveaux acquéreurs de carte de crédit doivent comprendre le phénomène et le maîtriser, car les conséquences d’une mauvaise gestion peuvent être nuisibles à très long terme.