/world/opinion/columnists
Navigation

Les États-Unis sortent de l’UNESCO

Coup d'oeil sur cet article

Les États-Unis, rejoints par Israël, ont décidé de sortir de l’UNESCO le 31 décembre 2018. Washington prétexte l’attitude anti-israélienne de l’organisation pour s’en retirer. En vérité, le programme entier de l’UNESCO s’oppose aux politiques de Donald Trump et de ses copains milliardaires.

Les États-Unis avaient déjà quitté l’organisation en 1984, en accusant l’organisation de mauvaise gestion, puis ils l’avaient réintégrée en 2002. Cependant, cette fois-ci, retrait des États-Unis n’augure rien de bon pour l’avenir de l’UNESCO. L’organisation pourrait subir l’influence de plus en plus grande de pays autoritaires qui ont une conception toute particulière de l’avancement de l’éducation, de la science et de la culture.

1. D’où vient l’UNESCO et quelle est sa mission ?

L’UNESCO, ou l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et les communications, est née en 1945. La plupart des États qui l’ont fondée pensaient instaurer la paix dans le monde en faisant la promotion de l’éducation, de la science et de la culture. Avec le temps, l’organisation en est venue à privilégier l’accès à l’éducation, la diversité culturelle, la protection du patrimoine, le partage des progrès scientifiques ainsi que la protection de la liberté d’expression. Les moyens de l’UNESCO sont faibles en comparaison de ceux d’autres grandes organisations de l’ONU. Son budget est de 667 millions de dollars américains par an.

2. Pourquoi les États-Unis s’opposent-ils à l’UNESCO ?

La raison officielle est que l’UNESCO serait devenue anti-israélienne, suite à l’admission de la Palestine parmi les États membres en 2011. En fait, le gouvernement d’Israël refuse toute reconnaissance internationale de la Palestine. Il redoute aussi que l’inclusion récente de la ville d’Hébron parmi les sites patrimoniaux de l’Humanité nuise aux colonies de peuplement israéliennes.

3. En quoi le programme de l’UNESCO est-il différent des idées de Trump ?

Le programme de l’UNESCO s’oppose aux idées de Trump presque sur tout. Par exemple, l’UNESCO constate que « le monde a atteint ses limites biophysiques ». Il faut donc un développement durable qui protège l’environnement. Or, Trump est contre le développement durable et contre la protection de l’environnement.

L’UNESCO avance que les problèmes mondiaux ne peuvent pas être résolus par un pays seul. Trump croit que les États-Unis peuvent s’isoler. L’UNESCO estime que les inégalités s’accroissent, en particulier dans les pays de l’OCDE. Trump veut que les riches deviennent encore plus riches.

L’UNESCO veut que le réseau internet demeure ouvert, libre et accessible. Trump veut davantage de contrôle sur le réseau. L’UNESCO dénonce la violence contre les journalistes. Trump attaque quotidiennement les médias. L’UNESCO fait la promotion de l’éducation. Trump veut couper les programmes publics d’éducation.

4. Comment des pays autoritaires pourraient-ils contrôler l’UNESCO ?

Le retrait des États-Unis laisse davantage de place aux puissances montantes. La Chine, en particulier. Or aucun pays, sinon les États-Unis, ne peut faire contrepoids à la Chine. Cette dernière a d’ailleurs décidé de donner davantage d’argent à l’UNESCO.

5. Le retrait des États-Unis fait-il partie d’un plus vaste problème ?

Plusieurs dirigeants américains ne comprennent pas que les États-Unis sont beaucoup moins puissants qu’auparavant. Pourtant cette perte d’influence est inéluctable. Et malheureusement, les démocraties sont peu nombreuses dans le monde.

Il est donc attendu que des pays autoritaires tentent de supplanter les pays démocratiques pour promouvoir leurs propres intérêts culturels, éducatifs et scientifiques. Une transformation de l’UNESCO en un instrument de promotion des valeurs des pays autoritaires marquerait l’échec du rêve de paix de la majorité des pays fondateurs des Nations-Unis.