/news/transports
Navigation

Uber fait volte-face et reste au Québec

Uber fait volte-face et reste au Québec
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

La multinationale Uber fait volte-face et décide de rester au Québec, même si le gouvernement Couillard exige toujours que les chauffeurs suivent une formation de 35 heures.

Cette dernière condition était pourtant une des principales raisons derrière la menace de l’entreprise de quitter le Québec, ce samedi. Les chauffeurs qui s’inscriront au service après le 14 octobre auront jusqu’au 14 janvier 2018 pour s'y conformer. Ceux qui étaient déjà chauffeurs avant cette date profiteront d’une clause grand-père et n’auront pas à suivre la formation d’une semaine.

Selon Uber, la nomination d’André Fortin, nouveau ministre des Transports, permettra de mettre en place un dialogue avec le gouvernement.

«Avec la récente nomination du ministre André Fortin au ministère des Transports, nous reconnaissons qu’il y a une opportunité d’établir un dialogue constructif afin de trouver une solution à long terme pour les utilisateurs et les partenaires-chauffeurs d’Uber au Québec», a indiqué vendredi Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d’Uber Québec.

Pourtant, le ministre Fortin impose sensiblement les mêmes conditions que son prédécesseur, mais il a précisé, vendredi matin, la portée de l’arrêté ministériel. Ainsi, un délai de huit semaines sera accordé aux chauffeurs inscrits après le 15 octobre pour faire l’objet d’une habilitation sécuritaire, ce qui implique notamment la vérification d’antécédents judiciaires. Quant aux chauffeurs déjà en fonction, ils auront jusqu’à deux ans pour le faire.

«Nous avons reçu la confirmation que les nouvelles exigences de formation qui nous empêcheraient d’opérer n’auront pas à être initiées avant quelques mois et entre-temps nous demeurons déterminés à collaborer avec le gouvernement. Pendant cette période, nous continuerons à desservir les Québécois», a ajouté M. Guillemette.

Le ministre Fortin a refusé les demandes d’entrevues de l’Agence QMI, vendredi.

Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard a rappelé que le rôle de son gouvernement était de «créer un cadre réglementaire équitable» pour les taxis et Uber.

«Si on diminue les exigences de formation pour un, il faut le diminuer pour l’autre aussi», a-t-il ajouté, lors d’une mêlée de presse.

Des «criminels derrière le volant»

L’industrie du taxi à Québec considère que le gouvernement Couillard joue avec la sécurité des Québécois en permettant à des «criminels» qui sortent tout juste de prison d’être employés par Uber.

«Le premier ministre Philippe Couillard a déjà dit que la sécurité des passagers était une priorité pour lui. Visiblement, ce n’est pas le cas», a indiqué Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ).

«On peut avoir un criminel derrière le volant, mais on le saura que dans deux ans!», a-t-il dit.

Le RITQ exige désormais «des gestes concrets» du gouvernement Couillard envers l’industrie du taxi pour lui permettre de «mieux compétitionner».

Toujours selon M. Homsy, Uber vient de gagner une autre manche, et pourrait bien finir, «avec ce gouvernement-là», par gagner la guerre.