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Les organismes communautaires se disent ignorés

Jean-François Mary
Photo Camille Garnier Jean-François Mary
Responsable communautaire

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Les organismes communautaires spécialisés en accompagnement des toxicomanes déplorent d’être mis à l’écart par les autorités dans le dossier de la lutte contre les opioïdes alors que la crise du fentanyl est déclarée à Montréal.

« Nous ne sommes pas assez consultés, mais surtout nous ne sommes pas assez entendus, regrettait mardi le directeur de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues, Jean-François Mary. La solution à la crise des opioïdes ne repose pas uniquement sur les pompiers, les policiers et les pharmaciens, mais aussi sur les organismes communautaires et les usagers eux-mêmes. »

À Montréal, 64 cas de surdose ont été dénombrés entre le 18 août et le 16 octobre, selon les dernières données de répartition d’Urgences Santé.

C’est pour porter ce message que la Coalition réduction des méfaits à Montréal, qui réunit des organismes spécialisés dans l’accompagnement des usagers de drogue, organisait mardi une conférence de presse.

Réponse au maire

« C’est aussi une réponse au point de presse sur les opioïdes tenu par le maire Coderre début septembre et auquel aucun d’entre nous n’était convié, explique M. Mary. Il n’est pas logique que les acteurs de terrain qui disposent d’une véritable expertise soient informés par les médias. »

Contactée par Le Journal à ce sujet, l’attachée de presse de Denis Coderre explique que le point de presse en question a été décidé de manière spontanée et que c’est pour cela que les responsables communautaires n’ont pas été invités.

La directrice de l’organisme Cactus qui gère notamment un site d’injection supervisée, Sandhia Vadlamudy, se sent elle aussi mise à l’écart.

« On sait que le gouvernement provincial discute de la possibilité de prescrire de l’héroïne plus facilement, une mesure que nous réclamons depuis longtemps. Et pourtant nous n’avons jamais été inclus dans ces discussions. »

Mme Vadlamudy s’inquiète du manque de moyens auquel sont confrontés les organismes comme le sien.

« On a énormément de demandes, mais notre équipe a de moins en moins de financement, s’inquiète-t-elle. C’est d’autant plus problématique que la crise des opioïdes frappe et que les gens ont vraiment besoin de notre aide. »