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Meurtre au Maxi: Les parents de Clémence Beaulieu-Patry retiennent leur souffle

Clémence Beaulieu-Patry
Photo d’archives Clémence Beaulieu-Patry

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Les parents de Clémence Beaulieu-Patry retiennent leur souffle en attendant le verdict au procès du jeune homme qui a tué leur fille, tout en craignant que l’accusé évite la prison.

«On a besoin de justice pour Clémence», ont déclaré tour à tour Luc Patry et Nathalie Beaulieu.

Pendant plus d’un mois, ils ont assisté à chacune des journées d’audience au procès de Randy Tshilumba sous une accusation de meurtre au premier degré.

L’exercice a été difficile, mais ils se faisaient un devoir d’y assister malgré la douleur de se retrouver si proches de celui qui a tué leur fille le 10 avril 2016, dans un Maxi de la rue Papineau où la jeune femme de 20 ans travaillait.

«Ça a été un cauchemar, nous sommes épuisés tant physiquement que mentalement», a expliqué Mme Beaulieu.

Nathalie Beaulieu et Luc Patry, les parents de Clémence Beaulieu-Patry
Photo Ben Pelosse
Nathalie Beaulieu et Luc Patry, les parents de Clémence Beaulieu-Patry

 

Psychiatres

Tshilumba, 21 ans, jure qu’il a développé une paranoïa à propos de Clémence Beaulieu-Patry et ses amies. Il se serait ainsi convaincu qu’elles voulaient le tuer. Il souhaite ainsi être déclaré non criminellement responsable, mais les parents de la victime ne croient en rien à cette version.

«C’est clair qu’il voulait tuer Clémence», a affirmé Mme Beaulieu tout en rappelant que les 14 coups de couteau ont été assénés en l’espace de 16 secondes, et le fait que Tshilumba ait demandé en vain à sa victime de sortir ensemble, une semaine avant le drame.

Et les psychiatres experts se sont basés sur quelques heures de rencontre avec Tshilumba, déplorent les parents de Mme Beaulieu-Patry.

«Ils ont vu [Tshilumba] moins que nous, s’exclame Mme Beaulieu en comparant le dossier Tshilumba à celui du tristement célèbre Guy Turcotte. Il faut que ça change. Ils viennent en tant qu’expert, mais que ce soit comme s’ils avaient la vérité infuse, je trouve ça insensé. D’ailleurs, si [Tshilumba] prend des médicaments, dites-vous qu’on doit maintenant en prendre plus que lui!»

Soutien

Si le processus judiciaire a été extrêmement difficile pour les parents de Clémence Beaulieu-Patry, ils sont reconnaissants de tout le soutien qu’ils ont eu. Des enquêteurs, de la Couronne, mais aussi de proches et de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

Mais ils sont conscients que d’autres proches, dans d’autres dossiers, sont parfois laissés à eux-mêmes.

«Il faut que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée fasse quelque chose», affirme M. Patry.

Mais, peu importe le verdict, ils savent que ça ne ramènera pas Clémence Beaulieu-Patry à la vie. Ils vont devoir faire leur deuil, mais tout le processus judiciaire les a replongés dans le passé.

«Vivre sans Clémence... Je ne sais pas encore comment on va faire, pour le moment c’est “une journée à la fois”», a expliqué Mme Beaulieu.

Clémence

Les amies de la victime sont également sous le choc. Et elles craignent aussi que l’accusé soit déclaré non criminellement responsable et puisse sortir rapidement de l’Institut Philippe-Pinel, comme ça a été le cas après le premier procès de Guy Turcotte.

«Elles ont peur, elles pleurent, elles se disent “ça aurait pu être nous”, a expliqué M. Patry, rappelant que les idées paranoïdes de Tshilumba visaient non seulement la victime, mais aussi ses amies. Elles viennent à la maison, on soupe, elles parlent de Clémence, ça nous fait du bien.»

Clémence Beaulieu-Patry était une jeune femme enjouée, toujours joyeuse, qui aimait la vie, ont rappelé ses parents.

«Elle était comme un soleil, douce, intelligente, empathique, elle n’a jamais connu la violence, s’est remémorée Mme Beaulieu. Peu importe le verdict, jusqu’à la fin de mes jours, on va être là [pour suivre le dossier Tshilumba]. Je l’ai promis à Clémence».

Le jury, qui est séquestré depuis mardi après-midi, poursuit ses délibérations.