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Émissions «suspendues» à V et à Rouge: des allégations d’inconduites sexuelles visent Éric Salvail

Éric Salvail
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI Éric Salvail

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Éric Salvail s’est retrouvé dans l’eau chaude mercredi et son émission En mode Salvail a été suspendue pour une période indéterminée après que plusieurs personnes eurent fait part de présumées inconduites sexuelles de la part de l’animateur et producteur dans un contexte professionnel, dans un article paru dans La Presse +.

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une véritable tempête médiatique, qui a enflammé les réseaux sociaux, Éric Salvail étant un animateur et un producteur à succès, dont les projets ont été associés à plusieurs chaînes de télévision et de radio.

«Suite aux allégations visant Éric Salvail publiée [mercredi] matin dans La Presse +, Groupe V Média suspend l’émission En mode Salvail des ondes de V dès aujourd’hui et pour une période indéterminée. Groupe V Média évalue également présentement sa relation d’affaires avec la maison de production Salvail & Co. Le groupe n’émettra aucun autre commentaire pour le moment», peut-on lire dans le communiqué du Groupe V Média.

 La Société Radio-Canada a aussi réagi aux allégations visant Éric Salvail. 

 

Plusieurs répercussions

  • Le site internet de l’émission Éric et les fantastiques de Rouge FM était aussi indisponible mercredi et l'émission a par ailleurs été suspendue à son tour par la station de radio. La nouvelle a été confirmée en après-midi par TVA Nouvelles, mais dès le matin, le nom d'Éric Salvail ne figurait plus dans la liste des animateurs de la station de radio après que ces allégations d’inconduite sexuelles à l’encontre d’une dizaine de personnes eurent été rendues publiques.
  • Metro a pour sa part annoncé en fin d'avant-midi qu'elle mettait fin à son association avec Éric Salvail, qui faisait de la publicité pour la chaîne d'alimentation québécoise.
  • Sur Twitter, Air Transat a indiqué qu’elle mettait fin à un concours qui était associé à l’émission d’Éric Salvail.

Par peur de représailles, 10 des personnes qui ont témoigné dans La Presse + ont requis l’anonymat. Elles auraient été victimes ou témoins de gestes ou de paroles inappropriés. Les faits reprochés se seraient déroulés entre le début des années 2000 et 2015.

Seul le maquilleur-coiffeur Marco Berardini a accepté de livrer son témoignage. Ce dernier habite depuis 11 ans à Los Angeles, en Californie, où il maquille des chanteurs et des chanteuses de notoriété internationale, en plus d’avoir travaillé sur des productions hollywoodiennes.

Marco Berardini
Éric Salvail

Il dit avoir rencontré le célèbre animateur en 2003 lors d’un événement professionnel. Il aurait refusé les avances d’Éric Salvail à trois reprises avant que celui-ci se mette à l’insulter.

Lors d’une de leurs rencontres, Salvail se serait promené devant lui en petite culotte et en string transparent.

TVA Nouvelles a tenté d’obtenir les commentaires d’Éric Salvail, mais son avocat, Jacques Jeansonne, n’a pas voulu en formuler.

On a également tenté sans succès de joindre Rouge FM et Groupe V Média.

L'AQTIS soutient ses membres

L'Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l'image et du son (AQTIS) a indiqué relativement à l’affaire Salvail qu’elle avait communiqué mercredi avec ses membres pour les informer des procédures à suivre s’ils veulent porter plainte contre l’animateur et producteur, qui fait l’objet d’allégations d’inconduites sexuelles.

L’AQTIS indique dans un communiqué qu’elle assure ses membres de «son appui concret pour les accompagner et les représenter dans ce processus souvent pénible».

Selon l’organisation syndicale, «des ressources spécifiques du programme d'aide aux membres ont été déployées pour apporter une aide professionnelle aux victimes».

«C'est précisément dans ce type de situation que l'action syndicale et la solidarité prennent tout leur sens. Nous sommes à 100 % avec nos membres et nous les invitons à communiquer avec nous», a dit le président de l'AQTIS, Alexandre Curzi.

«Nous allons agir dans le respect de leur volonté et respecter l'anonymat de celles et ceux qui le désirent, a-t-il ajouté. Comme industrie, nous allons aussi devoir faire le point, une fois cette tempête passée pour mettre en place des mécanismes pour faciliter les dénonciations et faire en sorte que cela ne puisse plus se reproduire.»

L'AQTIS a précisé qu’elle travaille de concert avec l'Association québécoise de la production médiatique (AQPM) dans ce dossier, les deux organismes ayant discuté de cette question.