/news/currentevents
Navigation

Des policiers soumis à un quota de 1300 $ de tickets par jour

Des agents de la Rive-Nord dénoncent la pression mise par leur employeur

Des policiers de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville ont manifesté hier devant l’hôtel de ville de Sainte-Thérèse.
Photo Antoine Lacroix Des policiers de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville ont manifesté hier devant l’hôtel de ville de Sainte-Thérèse.

Coup d'oeil sur cet article

Sans contrat de travail depuis janvier 2016, les policiers de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville dénoncent la pression de leur employeur pour remettre des constats d’infractions.

Selon l’exécutif de la Fraternité des policiers de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville (RIPTB), on exigerait jusqu’à 1300 $ par jour par agent affecté à la circulation, un montant qui serait « très difficile à atteindre » et qui rendrait les relations de travail bien difficile.

Manifestation

« Il y a des policiers qui se font rencontrer parce qu’ils ne ramènent pas les montants requis. On a déposé un grief à la Commission des relations de travail pour ça. On veut redevenir un service aux citoyens et non un service de perception de taxe déguisé », soutient François Boies, président de la Fraternité.

Une cinquantaine de policiers ont manifesté hier devant l’hôtel de ville de Sainte-Thérèse.

« On se dit que lorsque notre quart commence, il faut laisser notre cœur dans la case. On ne peut presque plus exercer notre pouvoir discrétionnaire, tant la pression est forte. Les policiers doivent se mettre dans des “trappes à tickets” pour y arriver », déplore de son côté Richard Jutras, vice-président de la Fraternité.

Rendement

Du côté de la RIPTB, on soutient que jamais un tel montant n’a été exigé.

« Il n’y a aucun membre de la direction qui a demandé un rendement de 1300 $ par policier, affirme Luc Larocque, inspecteur et responsable des relations avec les médias. On demande aux policiers d’offrir un rendement d’environ deux constats à l’heure. C’est très réaliste quand leur tâche est d’appliquer le code de la sécurité routière. »

Outre la question de la pression pour remettre des constats d’infraction, le salaire des policiers est un autre aspect qui achoppe dans les négociations.

« Nous sommes parmi les moins bien payés au Québec. Il y a du rattrapage à faire à ce niveau-là. Ils ne semblent pas prêts à faire de conciliation », estime M. Boies.

Depuis que leur contrat de travail est échu, 14 séances de négociation ont eu lieu. Les deux parties sont arrivées à une entente de principe, mais elle a été rejetée à 83 % par les membres de la Fraternité.

Pantalons de clown

« On avait négocié jusqu’à ce qui nous apparaissait le maximum que l’employeur était prêt à aller. Visiblement, ça ne satisfait pas du tout les membres, ils sont en colère, ils ne sentent pas écoutés », estime M. Boies.

Depuis le 14 septembre dernier, les policiers de la RIPTB ont recommencé à porter les fameux « pantalons de clown ». Ils ont aussi apposé un autocollant dans leur dos où on peut lire « Régie intermunicipale de bananes ».

Une rencontre est prévue aujourd’hui entre l’administration de la RIPTB afin de poursuivre les négociations.