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Hausse attendue des demandes d’aide

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Les organismes œuvrant auprès des victimes de violence sexuelle s’attendent à ce que leurs téléphones ne dérougissent pas au cours des prochaines semaines à la suite des allégations portées contre Éric Salvail.

«Chaque fois que de tels scandales éclatent sur la place publique, le nombre de demandes d’aide monte en flèche», indique Sébastien Richard, président du Centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance (CRIPHASE).

«Quand il y a eu l’affaire Claude Jutra, notre volume d’appels avait triplé», se souvient-il.

La porte-parole du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), Stéphanie Tremblay, explique que les dénonciations médiatisées encouragent de nombreuses victimes à briser le silence, puisqu’elles se sentent moins seules.

«Par contre, il y a d’autres personnes qui vont se sentir extrêmement confrontées, dit-elle. Elles sentent la pression de dévoiler leur agression alors qu’elles ne sont pas prêtes à le faire.»

Tabou

Le président du CRIPHASE constate quant à lui que la violence sexuelle faite aux hommes demeure tabou, ce qui explique pourquoi ceux qui la subissent n’osent souvent pas en parler.

«Chez les hommes victimes d’agression sexuelle, beaucoup ont peur de donner une impression de faiblesse», indique Sébastien Richard.

Certains craignent aussi qu’on croie à tort qu’ils sont homosexuels s’ils racontent avoir été harcelés ou agressés par un homme, ajoute-t-il.

Selon les données du CRIPHASE, les hommes attendent en moyenne 35 ans après les faits avant de demander de l’aide.