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Qui est le prochain?

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Il y a 13 ans, Guy Cloutier. Hier, Éric Salvail. Aujourd’hui, Gilbert Rozon. Demain, qui sera au centre d’une controverse, pointé du doigt pour des gestes sexuels déplacés ? Un homme, une femme, à Montréal, à Québec, dans la chanson, les médias ?

La grande roue de la disgrâce tourne et on ne sait pas sur qui elle va s’arrêter.

L’EFFET WEINSTEIN

Les allégations contre Éric Salvail et Gilbert Rozon sont graves.

Mais une chose est sûre : aucun barrage ne peut arrêter le tsunami de dénonciations déclenché par l’affaire Weinstein aux États-Unis. Aucune raison que le Québec soit épargné. On n’est pas plus vertueux que les autres.

Et vous savez quoi ? Ce n’est que le début. Au moment où l’on se parle, des journalistes, tous médias confondus, fouillent, scrutent, interrogent pour dévoiler la prochaine « affaire ».

Mais permettez que je pose quelques questions. Pensez-vous sérieusement qu’Éric Salvail aurait montré son pénis en pleine réunion quand il était simple préposé au costumier de Radio-Canada ? Pensez-vous qu’il aurait dit à un collègue : « Wow ! quel cul. Tu devrais te pencher plus souvent » quand il était simple animateur de foule, vivant d’un chèque de paye à l’autre, commençant à se faire une place dans le show-business ?

Ce n’est que lorsqu’ils sont rendus au sommet que les harceleurs harcèlent, que les agresseurs agressent, que les manipulateurs manipulent. Ce qu’ils expriment, ce n’est pas une pulsion sexuelle, c’est une pulsion de domination. Et pour ça, il faut qu’ils aient des dominés à portée de main. Sinon, où est le « fun » ?

PAS DE QUOI RIRE

Hier, Gilbert Rozon, dans sa déclaration officielle, écrivait : « À toutes celles et ceux que j’ai pu offenser au cours de ma vie, j’en suis sincèrement désolé ».

Hier aussi, dans sa déclaration sur Facebook, Éric Salvail écrivait : « J’aborde cette situation avec énormément d’empathie pour tous ceux et celles à qui j’aurais pu causer un malaise ou quelque forme de préjudice que ce soit. Je n’ai jamais eu l’intention d’indisposer quiconque. »

Quelqu’un peut m’expliquer en quoi le fait de mettre son pénis dans le visage d’un collègue pourrait causer autre chose qu’un « malaise », autre chose qu’un « préjudice » ?

Ces gens-là se disent vraiment : « Oups ! je ne pensais vraiment pas “t’indisposer” en me mettant flambant nu devant toi, désolé que tu le prennes comme ça » ?

C’est comme la déclaration de Harvey Weinstein, en réaction à l’enquête du New York Times : « Je me rends compte que la façon dont je me suis conduit avec des collègues par le passé a pu causer beaucoup de douleur et je m’en excuse. » Duh !

L’OMERTÀ SALVAIL

Un mot, en terminant. Dans la foulée du mouvement #moiaussi, l’animatrice Pénélope McQuade a témoigné cette semaine du fait qu’elle avait, elle aussi, été victime « 1 fois à 10 puis 12, d’autres à 15, 18, puis 22, 27, 31 ».

Elle a rajouté « ... Aujourd’hui, l’écho de nos voix résonne pour ne plus jamais le silence. » Pourtant, face à l’affaire qui a secoué toute la province hier, elle a maintenu le silence.

Est-ce un hasard si son émission Les Échangistes est produite par un certain Éric Salvail ?