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11 M$ pour démanteler le Kathryn Spirit à Beauharnois

Le cargo Kathryn Spirit
Photo d'archives Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

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OTTAWA | L’entreprise qui a abandonné le bateau Kathryn Spirit sur les berges de Beauharnois en 2011 recevra 11 millions $ d’argent public pour le faire disparaître, a annoncé Ottawa aujourd’hui.

«Je trouve ça très étrange. C’est lui qui est à la base du problème, et c’est lui qui va procéder à son règlement», résume le maire de Beauharnois Claude Haineault.

Le démantèlement du navire, à compléter pour l’automne 2018, a été attribué par appel d’offres fédéral à Excavation René St-Pierre inc., de Sherbrooke, qui s’est associé pour ce projet à Englobe Corp., de Québec.

Cette première entreprise est précisément celle qui a emmené le vieux bateau à Beauharnois, en 2011.

«En voyant qui a décroché le contrat, je pensais que c’était une mauvaise blague», a réagi Anne Minh Quach, députée de cette circonscription fédérale sous les couleurs du NPD.

Elle croit que l’attribution de ce contrat contribuera au cynisme des citoyens envers le gouvernement.

Abandonné

En 2011, la Ville de Beauharnois avait fait bloquer les travaux de recyclage du Kathryn Spirit par le Groupe St-Pierre, par crainte de pollution du Lac Saint-Louis. Puis, le navire a été vendu à une compagnie mexicaine qui a fait faillite.

L’épave est ainsi restée plusieurs années à rouiller, et à s’incliner sur le côté. TVA Nouvelles a révélé en juillet que la carcasse est bourrée de matières dangereuses comme de l’amiante et des BPC, et peut-être même des matériaux radioactifs, du plomb, du mercure, du cadmium ou du chrome.

Le Groupe St-Pierre a aussi construit en 2016 un remblai autour du bateau, au coût de près de 8 M $, sans appel d’offres. Des câbles et des barges ont été installés pour stabiliser l’épave. La Garde côtière surveille son état régulièrement.

Il faudra attendre jusqu’à l’automne 2019 pour que ce secteur de la Montérégie soit remis dans son état d’origine, soit après le retrait du remblai temporaire.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, avait d’abord promis que le démantèlement du navire serait complété pour juin 2017. Excavation René St-Pierre inc. n’a pas retourné les appels du Journal.