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Une drag queen lira des contes à des enfants

Des jeunes de 3 à 5 ans sensibilisés à la différence

Barbada
Photo courtoisie, Johan Jansson Barbada de Barbades est animatrice et performeuse dans des événements. Sébastien Potvin, de son nom civil, est enseignant de musique au primaire.

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Une drag queen enfilera samedi ses costumes extravagants non pas pour divertir des adultes dans un bar, mais pour raconter des histoires à des enfants de 3 à 5 ans. Une bonne façon de les préparer à accepter la différence, selon des experts.

« Déjà à cet âge-là, il y a des enfants qui rejettent tout genre. Qui refusent l’idée de jouer avec des camions parce que tu es un garçon ou de jouer avec des poupées parce que tu es une fille », indique Anaïs Roy, de l’organisme Aide aux trans du Québec.

La drag queen Barbada de Barbades animera une heure de conte à la Grande Bibliothèque, une activité qui s’adresse aux petits de 3 à 5 ans.

Mickey Mouse

L’activité se veut amusante plus que sérieuse, mais certains contes pourront bel et bien aborder des questions de genre par la bande, indique Sébastien Potvin, l’alter ego civil de Barbada.

« Un exemple que je prends souvent, c’est celui de Mickey Mouse. Est-ce un garçon ou une fille ? On ne le sait pas. Mais ce qui est important, c’est qu’on le trouve amusant et coloré », illustre M. Potvin.

« C’est une façon d’initier les jeunes à la différence, d’en discuter dans un contexte ludique et avec une excellente conteuse », explique Geneviève Rossier de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Le concept de faire lire des histoires par des drag queens n’est pas nouveau et gagne en popularité aux États-Unis. Barbada l’a déjà fait lors de la Fierté gaie en 2016. Des séances semblables ont eu lieu dans d’autres bibliothèques du Québec et ailleurs au Canada ces dernières années.

Âge du déguisement

Un engouement qui n’étonne pas Denise Medico, professeure au Département de sexologie à l’UQAM. « C’est l’âge où les enfants adorent se déguiser », explique-t-elle.

Ce genre d’activité peut, selon elle, favoriser l’ouverture à la différence chez les autres et eux-mêmes. « Et montrer que la différence n’est pas obligée d’être dramatique. Que cela peut être un jeu », ajoute Mme Medico.