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Dans un coma éthylique après une seule canette

Four Loko
Photo Antoine Lacroix De la Four Loko, une boisson alcoolisée aux fruits qui a une teneur de 11,9% d'alcool.

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SAGUENAY | Une mère de Saguenay lance un cri d'alerte au sujet de la boisson Four Loko, très populaire chez les adolescents et les jeunes adultes.

Sa fille s'est retrouvée dans un coma éthylique après avoir bu une seule canette.

Four Loko est une boisson fruitée, 11,9 % d'alcool, vendue dans une canette de 568 millilitres. Une simple canette a gâché le party de la rentrée de trois étudiants de l'UQAC, le même soir, au début septembre.

«Il y avait trois étudiants de l'UQAC à l'urgence ce soir-là. Ils étaient tous convaincus d'avoir pris du GHB, mais l'ambulancier m'a dit qu'il s'agissait de la Four Loko, que lui et ses collègues étaient habitués d'en voir.»

La mère de la jeune femme de 20 ans, qui préfère garder l'anonymat, avait parlé à sa fille à 22 h, ce soir de septembre. Tout allait bien. Elle l'a retrouvée à l'urgence de l'hôpital trois heures plus tard, en coma éthylique.

«Elle était incapable de se tenir, elle vomissait. Ça a pris un sac de soluté et demi avant qu'elle reprenne conscience, qu'elle puisse nous parler. Elle nous a dit qu'elle se sentait prisonnière de son corps.»

La mère de famille en appelle à la vigilance des parents. Sa fille a vraiment craint le pire.

«Quand elle s'est réveillée, elle m'a dit: «Maman, j'ai vraiment eu peur de mourir».

Le caractère fruité à l'extrême de la boisson masquerait le goût de l'alcool. Le but des fabricants comme Four Loko est de séduire un jeune public. En cas de consommation rapide, l'effet de l'alcool assomme.

«C'est tellement sucré qu'on ne sirote pas ça comme un vin, note Luc Brouillette, du Centre de réadaptation du CIUSSS, au Saguenay Lac Saint-Jean. C'est plus dangereux qu'une bouteille d'alcool ordinaire.»

Ces produits sont très vendeurs, mais devraient-ils plutôt être offerts uniquement par la SAQ?

«Nous vendons un produit légal et bientôt on vendra peut-être de la drogue, répond Jacques Falardeau du Groupe Saga, qui chapeaute la chaîne de dépanneurs Sagamie. Si on prend la décision de retirer le produit mais que le compétiteur ne le fait pas, on se fait mal nous-autres mêmes.»

La chaîne de 67 succursales au Québec prend la chose au sérieux. Ses clients seront mis en garde.

«Nous allons former nos employés et émettre un avertissement écrit. La technologie nous le permet.»