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Diagnostic et prescription sans consulter un médecin

La startup québécoise AkioSoft s’engage dans la consultation médicale par ordinateur

Francis Nicloux, président du Akyosoft, télémédecine
Photo Anne Caroline Desplanques Francis Nicloux, président de Akiosoft, présente sa plateforme de consultation médicale par ordinateur qui permet d’obtenir un diagnostic et une prescription à distance.

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Une startup québécoise lance une plateforme médicale intelligente qui permet d’obtenir un diagnostic et une prescription sur internet, sans consulter un médecin en personne.

Un mal de tête vous tourmente depuis deux jours. Vous êtes congestionné. La toux ne vous laisse pas fermer l’œil la nuit. Vous aimeriez voir un médecin, mais la seule perspective d’attendre à la clinique d’urgence du quartier augmente vos maux de tête.

AkioSoft propose d’obtenir un diagnostic et une prescription sans sortir de chez soi grâce à un questionnaire détaillé et personnalisé s’adaptant au patient d’une réponse à l’autre.

Questionnaire intelligent

À la fin du questionnaire, le système propose une liste de diagnostics probables en puisant dans les 8000 maladies de sa base de données.

« Le système propose des diagnostics auxquels les médecins eux-mêmes ne pensent pas », sourit l’inventeur de la plateforme, le physicien Francis Nicloux.

« L’intelligence artificielle nous fait entrer dans une autre dimension », dit-il. Le robot apprend d’un patient à l’autre et affine ainsi ses diagnostics, une première médecine généraliste selon M.Nicloux.

AkioSoft transmet les réponses du patient et ses conclusions au médecin de famille qui peut convoquer le patient en cabinet pour une consultation, l’envoyer faire des examens, le référer à un spécialiste ou transmettre une prescription à la pharmacie.

Productivité accrue

« Ça représente un gain d’efficacité énorme pour le système de santé », dit M. Nicloux. « Les médecins pourront traiter plus de patients sans nécessairement travailler plus et avec une grande souplesse d’horaire », explique-t-il.

Les avantages de la médecine à distance sur les plans de l’accessibilité, de la qualité et de la productivité se sont chiffrés à plus de 2,5 milliards de dollars dans l’ensemble du réseau de la santé canadien en 2015, d’après l’organisme Inforoute.

M. Nicloux présentera son prototype ce matin au Congrès annuel de médecine. Dès aujourd’hui, les médecins de famille pourront y adhérer gratuitement et proposer le service à leurs patients.

Pas remboursé

Le service sera payant car les consultations à distance ne sont pas prises en charge par la Régie de l’assurance maladie du Québec. Il coûtera 5 $ de frais d’abonnement mensuel et 30 $ par consultation, dont 25 $ seront versés au médecin.

Le ministère de la Santé n’entend pas pour le moment réviser sa position quant au remboursement des soins à distance, car, jusqu’à présent, « le cadre réglementaire n’a pas freiné le développement en télésanté », indique la porte-parole du ministère, Noémie Vanheuverzwijn.

Au Canada, seule la Colombie-Britannique rembourse les consultations médicales à distance.

La télésanté en chiffres

  • 870 267 consultations à distance entre patients et médecins en 2016, contre 187 385 en 2010.
  • 65 M$ en frais hospitaliers épargnés par les services d’urgence du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique grâce à la télésanté en 2016.
  • 14 à 22 % des Canadiens utilisaient des services de santé numérique en 2016 contre 6 à 7 % en 2014.
  • 47 millions de kilomètres de déplacements et 70 millions de dollars en frais connexes épargnés grâce à la télésanté, en 2010 uniquement.
  • 93 % des médecins qui utilisent un dossier médical électronique affirment que cet outil leur permet d’offrir de meilleurs soins aux patients.
  • 100 000 nouvelles applications mobiles santé ont été créées en 2016 dans le monde.

Sources : Inforoute Santé du Canada, Research2Guidance, OMS