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Vallée porte plainte à la suite des propos inacceptables du juge Braun

Le bâtonnier du Québec condamne aussi les propos du juge

Stéphanie Vallée déposera une plainte au conseil de la magistrature à la suite des propos «révoltants» d’un juge sur le physique d’une victime lors d’un procès criminel pour agression sexuelle.
Photo Simon Clark Stéphanie Vallée déposera une plainte au conseil de la magistrature à la suite des propos «révoltants» d’un juge sur le physique d’une victime lors d’un procès criminel pour agression sexuelle.

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La ministre de la Justice Stéphanie Vallée déposera une plainte au conseil de la magistrature à la suite des propos « révoltants » d’un juge sur le physique d’une victime lors d’un procès criminel pour agression sexuelle.

« On peut le dire qu’elle a un peu de surpoids, mais elle a un joli visage hein ? », a lancé le juge Jean-Paul Braun, lors du procès d’un chauffeur de taxi accusé d’avoir agressé sexuellement une ado de 17 ans dans son véhicule, a révélé Le Journal.

Pour le juge, la jeune femme était même « un peu flattée », car « c’est peut-être la première fois qu’il s’intéresse à elle ».

« Ce n’est pas le même consentement pour embrasser quelqu’un et le consentement pour lui mettre, comme on dit, la main au panier », a ajouté M. Braun.

Stéphanie Vallée, qui ne s’est pas arrêtée pour parler aux médias a tout de même laissé tomber que ces propos étaient « inacceptables » et qu’elle déposerait une plainte au conseil de la magistrature.

« C’est très grave. On se tourne vers nos juges pour avoir de la sagesse et la loi, et là, on n’a eu ni l’un ni l’autre », a déploré le chef du PQ Jean-François Lisée. Il croit que M. Braun devrait se récuser de tout nouveau procès.

Crédibilité du système

En pleines vagues de dénonciations d’agressions sexuelles, la critique en justice Véronique Hivon craint les effets des propos du juge sur la crédibilité du système judiciaire. « Comment convaincre les victimes d’avoir confiance quand un juge tient des propos aussi révoltants ? », a-t-elle écrit sur les médias sociaux.

« Je trouve ça déplorable qu’en octobre 2017, après tant de remous social, qu’un juge se permette de dire des insanités pareilles », a ajouté le député de Québec solidaire Amir Khadir.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir estime que le juge Braun participe ainsi à la culture du viol. « Le juge n’a pas besoin d’agresser sexuellement personne pour partager dans sa tête la culture du viol », a-t-il dénoncé. « Peut-être que ce juge a besoin d’une rencontre avec Manon Massé pour que Manon et lui puissent partager un peu de connaissances sur la culture du viol », a ajouté M. Khadir.

Une formation aux juges ?

Les parlementaires fédéraux ont pressé le sénat mercredi d’adopter un projet de loi qui obligera les futurs juges à suivre une formation liée aux agressions sexuelles.

Adoptée par l’ensemble de la Chambre des communes, la motion exhortant le Sénat de se dépêcher a été proposée par le Bloc québécois.

Initiative de l’ancienne chef conservatrice Rona Ambrose, ce projet de loi permettra d’« amender la loi sur les tribunaux de façon à ce que les juges qui seront nommés à l’avenir aient suivi obligatoirement une formation en rapport avec les agressions sexuelles, les impacts sur les victimes et la façon de gérer éventuellement la preuve dans ces dossiers-là », a expliqué le député bloquiste Rhéal Fortin.

Si les élus de la Chambre des communes ont déjà voté en sa faveur, c’est maintenant au tour des sénateurs de se pencher sur la question.

— Avec l’Agence QMI