/news/currentevents
Navigation

Trois plaintes criminelles contre un photographe de mode montréalais pour viol et agression sexuelle

Il aurait proposé aux modèles des séances gratuites pour les agresser sexuellement

Trois plaintes criminelles contre un photographe de mode montréalais pour viol et agression sexuelle
Photo Courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Deux anciens modèles d’un photographe de mode montréalais ainsi qu’une femme l’ayant côtoyé au secondaire ont porté plainte au criminel aujourd’hui contre l’artiste pour viol et agression sexuelle. Ces trois femmes ainsi que quatre autres personnes l’ayant côtoyé ont accepté de témoigner au Journal des sévices et du harcèlement que l’homme aurait infligés à ses modèles et son entourage.

Les trois femmes, qui ont déposé plainte ce matin au poste de police 38 de Montréal, expliquent avoir agi dans la foulée du mouvement #Moiaussi pour éviter que Maxime Comtois, aussi connu sous le nom d’artiste Monsieur Coms, fasse d’autres victimes.

Ce photographe réputé ayant collaboré avec des stars du mannequinat comme l’américain Shaun Ross a d’abord été dénoncé sur les réseaux sociaux par l’une des plaignantes, une enseignante de Repentigny et modèle à ses heures, nommée Karine Richard.

Un de ses anciens colocataires, Keven (l’homme ne souhaite pas voir son nom de famille publié), avec qui Le Journal a pu s’entretenir, a par la suite publié un long message appelant les victimes à se faire entendre.

Contacté par Le Journal hier, Maxime Comtois nous a renvoyé vers son avocate Me Rose-Mélanie Drivod.

Celle-ci a affirmé que son client dément formellement les allégations dont il fait l’objet et clame son innocence.

Trois plaintes criminelles contre un photographe de mode montréalais pour viol et agression sexuelle
Photo Courtoisie

Séance gratuite

Karine Richard explique avoir été contactée en 2009 par Maxime Comtois via les réseaux sociaux.

Le photographe lui aurait proposé une séance gratuite dans son studio le jour même.

«Je commençais à peine à poser, et un photographe dont je voyais les œuvres sur les réseaux sociaux et dans des magazines connus me proposait de le faire gratuitement pour lui. Je capotais.»

Mais sur place, les choses ne se seraient pas passées comme prévu.

Au terme de la séance et après un premier baiser consenti, elle dit que Maxime Comtois l'a agressée sexuellement.

«On s’est embrassés un instant et puis j’ai comme réalisé ce qu’il se passait et je lui ai dit d’arrêter en le repoussant. Là, il m’a tiré les cheveux, m’a ramenée vers lui et a enfoncé sa langue dans ma bouche en m’agrippant les fesses et les seins. C’était violent. Finalement, il m’a laissée partir et je suis retournée à ma voiture. J’étais sous le choc, je me sentais sale.»

Flattée au début

La deuxième plaignante qui a demandé à garder l’anonymat pour protéger sa famille indique qu’elle n’avait que 19 ans lorsque le photographe l’a elle aussi contactée en 2010 pour une séance de photos gratuites.

Elle aussi dit avoir été très flattée par cette proposition.

Une fois la séance finie, elle aurait échangé un baiser avec Maxime Comtois.

Elle l’aurait ensuite suivi dans sa chambre et aurait consenti à une relation sexuelle avant de changer d’avis après que le rapport eut débuté.

«J’ai ressenti une douleur intense, j’ai crié “non, arrête” mais il me tenait de toutes ses forces et ne m’a pas relâchée avant d’avoir fini. Pendant longtemps je me suis blâmée, je pensais avoir fait quelque chose de mal, maintenant je comprends qu’il m’a violée.»

Trois plaintes criminelles contre un photographe de mode montréalais pour viol et agression sexuelle
Photo Courtoisie

École secondaire

La troisième victime ayant porté plainte est une femme de 34 ans qui souhaite elle aussi garder l’anonymat.

Elle fréquentait la même école secondaire que Maxime Comtois.

En 1998, alors que tous deux n’étaient âgés que de 15 ans, celui-ci l’aurait violée lors d’une soirée organisée à son domicile familial.

«Il m’a entraînée dans la chambre de ses parents puis nous nous sommes embrassés sur le lit. Il a commencé à vouloir mettre sa main dans mes culottes et je l’ai repoussé à plusieurs reprises. Finalement il a réussi à baisser mon pantalon. Là, il a neutralisé mes mains pour m’empêcher de me débattre et m’a pénétrée sans condom. Je pleurais tout du long.»

La femme explique n’avoir jamais parlé du viol qu’elle aurait subi.

C’est le témoignage de Karine Richard sur les réseaux sociaux qui l’aurait décidée à sortir de son silence.

Violence

Le Journal a aussi parlé à d’anciens collaborateurs et connaissances du photographe qui disent avoir été témoins de son attitude violente et des agressions qu’il commettait sur certains de ses modèles.

Keven est un ancien colocataire de Maxime Comtois, travaillant lui aussi dans le milieu de la mode et qui a décidé de dénoncer les agressions de l’homme sur les réseaux sociaux.

«C’est quelqu’un d’extrêmement manipulateur et qui peut se montrer violent et menaçant lorsque l’on s’oppose à lui, a-t-il affirmé. Je connais une trentaine de modèles qui disent avoir été victimes de ses méthodes et j’ai décidé de parler pour que tout cela s’arrête».

Le créateur de mode Xavier Laruelle a travaillé avec Maxime Comtois sur une séance photo il y a sept ans.

Il explique avoir vu le photographe insister fortement auprès d’une mannequin pour qu’elle pose nue alors que celle-ci refusait.

«Après cet épisode, je lui ai dit que je ne travaillerais plus avec lui, a déclaré au Journal M. Laruelle. Il m’a harcelé et menacé pendant trois ans. J’ai averti les agences de mannequins en les mettant en garde contre lui.»

M. Laruelle a expliqué avoir créé en 2012 un groupe Facebook intitulé StopMonsiieur pour dénoncer les agissements de Maxime Comtois. Le groupe aurait finalement été fermé par le réseau social par suite des signalements de Maxime Comtois.

Mode opératoire

Un modèle ayant fréquenté le photographe récemment et tenant à garder l’anonymat par crainte de représailles a décrit au Journal ce qu’elle estime être son mode opératoire.

«Il prend avantage de jeunes modèles en leur faisant miroiter qu’il les aidera dans leur carrière [...] Si tu ne lui fais pas de faveurs, il menace de donner le contrat à une autre ou t’insulte.»

De fait, la réputation sulfureuse de Maxime Comtois semble bien connue des professionnels de la mode.

«Suite à des mauvais échos de la part de modèles ayant posé pour lui, nous n’envoyons personne chez lui» a confirmé au Journal Arielle Day, agente de mannequins de la prestigieuse agence Folio à Montréal.

À la suite des dénonciations le concernant sur les réseaux sociaux, Maxime Comtois a supprimé ses profils Facebook.

Son compte Instagram comptant plus de 80 000 abonnés aurait été fermé dans les dernières heures par le réseau après de nombreux signalements.