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[VIDÉO] Annie Trudel invite les élus à instaurer un système de reddition de comptes pour l'UPAC

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La lanceuse d’alerte Annie Trudel enjoint aux parlementaires de Québec de s’unir pour implanter la norme ISO 37001 dans la province.

En entrevue avec notre Bureau d’enquête, Mme Trudel est longuement revenue sur le fait que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’est imputable de rien devant l’Assemblée nationale.

«L’UPAC n’a aucune imputabilité, l’UPAC n’a aucune reddition de comptes. L’UPAC ne se fait pas auditer, ne se fait pas vérifier. L’UPAC agit en toute subjectivité», a-t-elle dit.

Elle a tenu à comparer la situation du Québec à celle qui prédomine dans le monde occidental.

«Je vous donne le point de vue d’une spécialiste qui a fait le tour du monde, et nous sommes les seuls à fonctionner comme cela [...] Ailleurs, les organisations anticorruption doivent rendre des comptes, se font auditer, doivent s’expliquer sur le fait qu’ils aient privilégié certains dossiers plutôt que d’autres», a-t-elle expliqué.

«Ici, on a donné la "tempête parfaite" pour qu’ils fassent ce qu’ils veulent. C’est pourquoi cela se passe comme ça. C’est pour ça que la norme ISO 37001 n’est pas juste une autre norme.»

Selon Mme Trudel, l’application de cette norme anticorruption pourrait par exemple permettre la mise en place d’une ligne de signalement indépendante pour les personnes qui voudraient signaler des irrégularités de l’UPAC.

«C’est sûr qu’ils ne veulent pas implanter cette norme-là», a-t-elle avancé.

La lanceuse d’alerte a donc tenu à interpeller les députés de la province pour qu’ils agissent, sans tenir compte de leur appartenance politique.

«La seule chose que je peux faire aujourd’hui, c’est dire aux autres parlementaires: “Ne vous laissez pas faire! [...] Laissez faire la partisanerie, mettez-vous ensemble.” C’est trop important! MM. Bérubé et Khadir ont été extraordinaires. On n’est pas en campagne, laissez faire la campagne. La CAQ, embarquez, et il y en a du PLQ, aussi, qui trouvent que cela n’a aucun sens. Vous ne pouvez pas vous laisser intimider comme ça, il faut faire quelque chose», a-t-elle déclaré.

Relations avec Guy Ouellette

Par ailleurs, Annie Trudel est revenue sur les liens qui l’unissent au député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, arrêté la semaine dernière par l’UPAC.

«C’est nécessaire, parce qu’il y a des gens qui sont en train de tenter de faire des liens ou de démontrer une théorie du complot», a-t-elle indiqué.

«M. Ouellette est un député que je respecte énormément. Nous nous connaissons depuis plusieurs, plusieurs années. Notre dénominateur commun, pour l’instant, est la lutte contre la corruption et la norme ISO.»

Quand on lui a demandé si M. Ouellette était son conjoint, Mme Trudel a simplement tenu à dire que l’ancien policier était quelqu’un de «très, très important» dans sa vie.

«C’est quelqu’un de très, très important dans ma vie et je crois être très importante dans la sienne. Je ne peux pas aller plus loin [...] Je n’en sais pas plus. Si j’en savais plus, si j’étais plus certaine de mon – ou notre – statut et si j’avais envie d’en parler, bien sûr que je serais en mesure de le faire», a-t-elle confié.

«Mais nous sommes suffisamment proches pour échanger des informations...»