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Alex Harvey désolé pour son sport

Alex Harvey se réjouit de la sanction imposée au Russe Alexander Legkov de remettre sa médaille d'or olympique remportée à Sotchi. «Ce qui arrive là démontre qu'il n'y a personne d'intouchable.»
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Alex Harvey se réjouit de la sanction imposée au Russe Alexander Legkov de remettre sa médaille d'or olympique remportée à Sotchi. «Ce qui arrive là démontre qu'il n'y a personne d'intouchable.»

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«Legkov, ça faisait longtemps qu'on avait de forts doutes sur lui.»

Alex Harvey a accueilli avec désolation pour le ski de fond la sanction imposée mercredi par le Comité international olympique (CIO) au Russe Alexander Legkov, reconnu coupable d'infraction aux règles antidopage. Le champion de l'épreuve de 50 km des Jeux de Sotchi devra remettre sa médaille d'or et il entraîne également avec lui dans la fosse le relais russe du 4 X 10 km avec lequel il avait terminé deuxième.

«Artificiellement plus fort»

Legkov devient le premier athlète déchu du scandale de dopage en Russie. Le CIO a rendu cette décision choc sur les premières conclusions de la commission d'enquête Oswald qu'il avait instaurée après la sortie à l'été 2016 du rapport du juriste canadien Richard McLaren, dans lequel on apprenait l'existence d'un dopage institutionnalisé durant les Jeux de 2014 impliquant le gouvernement et les services secrets.

«Dans les montées, on voyait qu'il était artificiellement plus fort que les autres», affirme Harvey, qui avait terminé 19e à l'épreuve-reine des Jeux de 2014.

«À Sotchi, les deux derniers kilomètres du parcours étaient faits de grosses montées. C'était un parcours construit pour les Russes en sachant qu'ils allaient être dopés. La fin de parcours avait été faite avec l'idée que ça allait être tellement physique qu'il n'y aurait aucun autre aspect dans la course qui allait fonctionner», évoque le Québécois.

Comme au cyclisme

La Russie s'était approprié le podium du 50 km au dernier jour des Jeux. Maxim Vylegzhanin et Ilia Chernousov avaient terminé deuxième et troisième au terme d'une sprint ultime.

Legkov et Vylegzhanin figuraient parmi les six fondeurs russes, dont deux femmes, qui avaient été suspendus provisoirement par la Fédération internationale de ski (FIS), en décembre dernier, suite à des recommandations du CIO pour des violations présumées de dopage. L'un d'eux, Evgeniy Belov, 18e au 30 km et 25e au 15 km aux Jeux de Sotchi, a aussi été sanctionné mercredi par le CIO et, comme Legkov, est banni à vie de tout événement olympique.

«C'est dommage parce que notre sport se compare maintenant au cyclisme. C'est dans notre sport et au biathlon qu'éclate le plus grand nombre de cas de dopage», déplore Harvey, joint mercredi après un entraînement sur neige à la forêt Montmorency.

Des doutes sur Ustiugov

«Content de voir que le CIO a mis ses culottes», le champion mondial en titre du 50 km dit cependant croire que le dopage mine encore le circuit de la Coupe du monde de ski de fond. Il cite en exemple des histoires récentes de fondeurs autrichiens, finlandais et même norvégiens, dont la septuple championne du monde Therese Johaug, suspendue des Jeux de Pyeongchang pour un contrôle positif au clostébol, un stéroïde anabolisant défendu qu'elle dit avoir absorbé par le biais d'une crème pour les lèvres.

Harvey nourrit les soupçons qui pèsent sur l'équipe russe dans la foulée du scandale qui éclabousse ce pays.

«Les Russes compétitionnent encore, dont un qui était pas pire à Lahti», dit-il en faisant allusion à Sergey Ustiugov, auteur de cinq médailles aux derniers mondiaux en Finlande, dont deux d'or.

«Ustiugov était jeune aux Jeux de Sotchi, mais il avait atteint la finale au sprint. Trois des six gars en finale avaient chuté, mais il était bien parti pour faire le podium à Sotchi. Ce qu'a révélé le rapport McLaren, c'était l'équipe au complet (qui était impliquée dans le dopage). Mais son nom n'a jamais sorti. Et tant que son nom ne sort pas, on peut seulement avoir des doutes.»