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Notre milieu est-il le seul où on harcèle?

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Le diable est aux vaches. De Hollywood à Paris en passant par Montréal, notre milieu culturel bat sa coulpe, renverse ses monuments, renie ses idoles, torpille ses entreprises et contremande la diffusion d’œuvres importantes ou leur continuation. Des films et des séries moisiront sur les tablettes parce que l’un ou l’autre des participants a été dénoncé pour viol ou inconduite.

Chaque artiste ratisse aujourd’hui ses souvenirs avec attention, en quête de quelque acte d’agression qu’il ou qu’elle pourrait rendre public pour libérer sa mémoire et rétablir sa dignité. Producteurs et autres gens de pouvoir repassent leur vie en replay pour s’assurer qu’ils n’ont jamais eu la main trop leste ou n’ont pas échangé un rôle ou une promotion contre une faveur sexuelle.

En quelques jours, même si on pourrait les accuser d’avoir mis un temps fou à ouvrir les yeux, syndicats et associations du milieu culturel redoublent d’efforts pour résoudre le problème et surtout le prévenir. Pour l’instant, au diable les conflits d’intérêts, le favoritisme, les emplois fictifs, les malversations, les appels d’offres bidon, les doubles comptabilités — péchés courants dans tous les milieux hautement subventionnés —, les seuls crimes qu’on pourchasse par les temps qui courent sont de nature sexuelle.

L’initiative de l’UDA

Lundi, après deux cliniques d’aide de Juripop sur le sujet, les huit plus importantes associations de notre show-business ont élaboré un plan d’action pour instaurer la tolérance zéro en matière de harcèlement. On veut installer une sorte de guichet unique pour accueillir les victimes et les orienter. Marie Montpetit, la nouvelle ministre de la Culture et des Communications du Québec, a même assisté à la rencontre de travail.

On serait malvenu de ne pas louer cette initiative qu’on doit à l’Union des artistes et à Sophie Prégent, sa présidente. En même temps, comment ne pas déplorer l’inaction et même l’indifférence que montrent des milieux plus discrets, mais tout aussi vulnérables ? Le monde du show-business est loin d’être le seul en proie à ces problèmes de harcèlement et d’agressions.

J’ai une nièce qui a le rang de compagnon dans l’industrie de la construction. Elle en aurait long à dire sur le harcèlement dont les femmes sont victimes dans cette industrie. Ce n’est pas pour rien qu’elles constituent à peine 1,5% des effectifs.

Ma petite-fille est ingénieure. Elle aussi pourrait vous entretenir de la situation difficile des femmes dans une profession qui compte 87% d’hommes et où l’écart salarial entre les deux sexes dépasse encore 10%.

Que dire de la police ?

Les rangs mêmes de la police et des forces militaires sont infestés de harceleurs et d’agresseurs. Qu’on se rappelle les histoires dramatiques dont ont été victimes plusieurs femmes depuis que les premières ont été embauchées par la Gendarmerie royale en 1974, 101 ans après la fondation de ce corps de police. Ce n’est pas sans raison non plus que les femmes, pourtant acceptées dans les forces armées depuis un siècle, ne comptent que pour 15% des effectifs.

L’affaire Weinstein et les autres scandales du même genre vont permettre d’assainir pour longtemps le monde du show-business. À la fin, il pourrait bien servir d’exemple à tous ces milieux qui ferment les yeux sur la situation déplorable qu’ils font encore aux femmes !

Télépensée du jour

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