/weekend
Navigation

Colère, révolte et quête de sens

Colère, révolte et quête de sens
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

La nouvelle création signée Sarah Berthiaume, Antioche, que l’on qualifie de tragédie, raconte l’histoire de trois femmes de différentes époques en pleine quête identitaire. Elles se retrouveront avec l’envie de révolutionner le monde.

« Nous sommes dans une tragédie en deux actes », lance l’auteure Sarah Berthiaume. « La première partie est campée dans une banlieue du Québec, tandis que la seconde se situe dans la ville d’Antioche, en Turquie. »

Son personnage principal, Jade, (Mounia Zahzam) est une adolescente de 16 ans qui est en colère contre tout. « Elle est dans une grande quête identitaire », fait remarquer l’auteure qui s’est fait connaître avec les pièces Le Déluge après, Villes Mortes et Yukonstyle.

Sarah Berthiaume, qui a eu carte blanche pour écrire sa pièce, est allée rencontrer des adolescents au cégep Montmorency afin de prendre le pouls. « Comme ma pièce s’adresse principalement aux adolescents, je voulais voir comment ces thèmes résonnaient chez eux », ajoute-t-elle.

Elle a compris que l’envie de changer le monde chez les jeunes résiste au temps. « La quête de sens, la soif de l’absolu et la notion de sacrifice sont toujours présentes », souligne Sarah Berthiaume.

Le djihad

Jade partagera son questionnement sur le sens de la vie avec un homme qu’elle rencontre sur internet. Puis, ils se donneront rendez-vous à Antioche en Turquie. « C’est une ville frontalière entre la Turquie et la Syrie », indique celle qui a beaucoup lu sur les jeunes qui vont faire le djihad.

« Il s’agit du dernier arrêt ­qu’empruntent les jeunes qui partent en Syrie pour faire le djihad. »

Pour donner un sens à sa vie, on sera prêt à s’opposer aux lois.

Une fable

L’imagination est grande ici. Jade entretient une amitié avec le personnage mythique d’Antigone (Sarah Laurendeau). Il s’agit de sa meilleure amie et elles fréquentent la même école secondaire. Le mythe d’Antigone a d’ailleurs inspiré de nombreuses œuvres littéraires et fait l’objet de plusieurs interprétations.

« Antigone est morte emmurée vivante dans une tragédie écrite il y a 2500 ans », explique Sarah ­Berthiaume. « Antigone est campée dans un présent, et elle souhaite faire monter sa tragédie par la troupe de théâtre de l’école. »

Outre les deux amies, qui se retrouvent au même endroit malgré les millénaires qui les séparent, s’ajoute la mère de Jade, Inès (Sharon Ibgui), une immigrante.

« Jade va retrouver sa mère alors qu’elle avait 16 ans au moment où elle a fui son pays aux prises avec la montée de l’intégrisme », annonce l’auteure.

La mère et la fille vont se rencontrer, alors qu’elles ont toutes les deux seize ans et qu’elles sont sur le point de passer la ville frontière. L’une vers l’Occident, en voulant immigrer, et l’autre, en se rendant du côté islamique pour rejoindre un homme. « Elles font le trajet inverse au même âge », précise-t-elle.

Antioche est aussi une pièce sur les choix que nous devons faire à un moment de nos vies.

Antioche

  • Auteure : Sarah Berthiaume
  • Mise en scène : Martin Faucher
  • Distribution : Sharon Ibgui,
  • Sarah Laurendeau et Mounia Zahzam
  • Du 7 au 25 novembre
  • Au Théâtre Denise-Pelletier (Salle Fred-Barry)