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GSP: l’un des plus grands athlètes du Québec?

GSP: l’un des plus grands athlètes du Québec?
Photo AFP

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Georges St-Pierre a confondu les sceptiques en venant à bout de Michael Bisping, samedi soir à New York. Je faisais partie de ce groupe.

Je n’étais pas convaincu qu’un combattant en arts martiaux mixtes pouvait effectuer un retour victorieux après une absence de près de quatre ans. Non seulement GSP l’a fait, mais il a réussi sa mission avec panache. Ça m’apprendra à douter de lui.

Avec ce gain décisif, St-Pierre a fait son entrée dans un club sélect. Il est devenu seulement le quatrième athlète de l’histoire du UFC à remporter un titre dans deux catégories de poids. Randy Couture, B.J. Penn et un certain Conor McGregor avaient réalisé cet exploit avant lui.

C’est énorme comme accomplissement et personne ne peut lui enlever. Même pas le « sympathique » Dana White, qui a tout fait pour mettre des bâtons dans les roues de St-Pierre au cours des dernières années.

Plusieurs observateurs affirment aussi qu’il vient de s’établir comme le meilleur combattant de tous les temps. C’est difficile de les contredire.

La question se pose maintenant. Est-ce que Georges St-Pierre fait partie des plus grands athlètes de l’histoire du Québec ? Sans aucun doute. On peut facilement le placer dans un top 5 qui comprend Maurice Richard, Jean Béliveau, Gilles Villeneuve et Mario Lemieux. Et c’est une place amplement méritée.

Il est un pionnier dans son sport et il l’a amené à un niveau supérieur. Durant son deuxième règne comme champion des mi-moyens (170 lb) entre 2007 et 2013, il a défendu sa ceinture à dix reprises contre des adversaires de qualité. C’était toute une commande et il avait relevé ce défi avec brio.

St-Pierre a établi les standards que tous les combattants d’aujourd’hui souhaitent atteindre ou battre. Il est la référence dans les arts martiaux mixtes. Peu d’athlètes québécois peuvent se targuer d’avoir la même étiquette dans leur discipline respective.

L’intelligence dans la cage

Encouragé par une foule partisane au mythique Madison Square Garden, St-Pierre a livré la marchandise comme à l’époque où il était champion des mi-moyens (170 lb). C’est le bon vieux GSP qu’on a vu dans la cage contre Bisping, qui ne lui a pas donné la victoire sur un plateau d’argent.

Même s’il concédait quelques pouces et quelques livres à son adversaire, St-Pierre a démontré qu’il était le plus intelligent des deux dans l’octogone. Il a fait ce qu’il voulait grâce à une stratégie bien ficelée par son équipe d’entraîneurs.

Bien sûr, on a remarqué qu’il était un peu rouillé dans les deux premières minutes du duel, mais rien d’inquiétant. Puis, il a bien encaissé deux solides droites de Bisping sur la margoulette au deuxième assaut. D’ailleurs, St-Pierre a confirmé que l’ancien champion l’a ébranlé à quelques reprises. Un discours qu’on a rarement entendu de sa part.

J’ai bien aimé la façon dont il a terminé le combat. Lorsqu’il a vu qu’il n’était pas capable d’arrêter Bisping avec ses poings, il a décidé d’opter pour une soumission. C’était le bon choix, car l’Anglais n’a jamais voulu abandonner. St-Pierre l’a littéralement endormi avec un étranglement arrière exécuté à la perfection.

C’est ce qu’on appelle l’intelligence en situation de combat. Une qualité qui ne s’apprend pas durant les entraînements. St-Pierre a la chance qu’elle soit innée chez lui et il l’utilise à bon escient.

McGregor au menu ?

Au terme de son duel, GSP n’a pas voulu identifier un adversaire qu’il souhaitait affronter ou la catégorie dans laquelle il désirait poursuivre sa carrière. Une bonne stratégie pour éviter de se mettre de la pression sur les épaules, celle qui l’a étouffé avant sa dernière pause. Il a appliqué les leçons apprises durant les quatre dernières années. C’est aussi ça, la nouvelle version de GSP.

Par contre, on peut commencer à rêver à un choc avec Conor McGregor avec plusieurs centaines de millions en bourses. Ça serait parfait pour 2018.

Je ne tiens déjà plus en place.