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Les libéraux à la défense de leur grand argentier

Justin Trudeau
Photo d’archives Justin Trudeau et Stephen Bronfman, en 2012 sur la photo, sont des amis de longue date.

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OTTAWA | La famille libérale fédérale serre les rangs pour protéger le grand argentier du parti, Stephen Bronfman, qui aurait trempé dans un stratagème visant à placer des millions dans un paradis fiscal.

« M. Bronfman n’a rien fait de mal, a défendu mardi le député montréalais et avocat Nicola Di Iorio. Il n’y a pas un seul riche canadien qui ne diversifie pas ses avoirs à l’étranger. »

Selon une enquête journalistique internationale, Stephen Bronfman et l’ex-sénateur libéral Leo Kolber auraient collaboré pour cacher du fisc canadien 60 M$ US aux îles Caïmans, où le taux d’imposition est de 0 %. M. Bronfman a vite nié ces allégations qui sèment la controverse depuis dimanche, disant avoir « toujours respecté la loi, y compris celle en matière fiscale ».

Légal

Dans les couloirs du Parlement, les députés libéraux ont insisté sur la nature légale des activités offshore du proche de Justin Trudeau.

« On a des gens qui utilisent un système légal et qui confirment par la suite avoir agi de façon légale », justifie Michel Picard, le député de Montarville.

Pour Marc Millier, un député proche de Justin Trudeau, le fait que le nom de Stephen Bronfman soit nommé dans les Paradise Papers ne « veut pas dire qu’il est coupable de quoi que ce soit ».

Plus combatif, le ministre des Transports Marc Garneau pense de son côté que « toutes sortes de choses sont en train d’être dites alors qu’elles ne sont pas prouvées ».

Les allégations pesant sur Stephen Bronfman ont encore une fois placé les libéraux sur la défensive lors de la période de questions.

Dur à défendre

Assaillie, la ministre du Revenu national Diane Lebouthillier a défendu tant bien que mal les actions mises en œuvre par son gouvernement pour lutter contre l’évitement fiscal.

« Nous avons embauché 100 vérificateurs. Il y a 627 cas qui sont transférés aux enquêtes criminelles, 268 mandats de perquisition effectués et 78 condamnations », a énuméré en boucle la ministre Lebouthillier.

Mais pour le Bloc québécois et le NPD, les lois fiscales constituent le véritable problème.

« Si voler un magasin était légal, mettre plus de policiers devant la porte ne changerait strictement rien. C’est exactement la même chose avec les paradis fiscaux. On se fait voler, mais c’est légal », a illustré le néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Comparution

Par ailleurs, un député du NPD, Pierre-Luc Dusseault, a déposé une motion mardi pour demander la comparution sous serment de Stephen Bronfman et de Leo Kolber devant un comité.

Pour M. Dusseault, leur témoignage permettrait aux parlementaires de changer les lois afin que « ces actions immorales deviennent illégales ».­­­