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Itinérance: une halte-chaleur ouverte toutes les nuits cet hiver à Montréal

Itinérance: une halte-chaleur ouverte toutes les nuits cet hiver à Montréal
SÉBASTIEN ST-JEAN/24 HRS/AGENCE QMI

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Pour la première fois à Montréal, les personnes en situation d’itinérance pourront bénéficier d’une halte-chaleur ouverte toutes les nuits cet hiver.

La Mission St-Michael, située dans l’arrondissement de Ville-Marie, est l’un des deux seuls organismes mandatés et financés par la Ville de Montréal et le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal pour offrir un service de halte-chaleur.

Depuis deux ans, la Mission ouvrait les portes de sa halte seulement lors de froids extrêmes. L’hiver dernier, l’organisme a donc mis ce service à la disposition des plus démunis lors d’environ 25 nuits.

L’organisatrice communautaire du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Amélie Panneton, note que la contrainte de température de -20 degrés, auparavant nécessaire à l’ouverture de la halte, a été supprimée cette année. Contactée par téléphone, une responsable de la Mission a confirmé l’obtention d’un plus grand financement afin d’être en mesure d’opérer la halte-chaleur toutes les nuits, du 1er décembre au 30 avril 2018.

Les haltes-chaleur offrent un répit aux personnes itinérantes qui préfèrent éviter les refuges, lesquels sont souvent plus contraignants et stricts. Il n’y a pas de lits pour dormir, mais les usagers peuvent s’y reposer, socialiser et prendre une boisson chaude. Leurs animaux de compagnie sont également acceptés.

Ressources insuffisantes

L’arrivée imminente des périodes de grands froids amène une plus grande mobilisation afin d’ajouter des mesures d’aide aux personnes itinérantes. Mme Panneton souligne toutefois que cet hiver s’annonce plus difficile que les années précédentes en raison d'une saturation systémique des ressources en hébergement et «parfois même des situations de débordements».

Pour le fondateur de SOS Itinérance, Alexandre Paradis, l’ouverture d’une halte-chaleur au centre-ville, même toutes les nuits, sera insuffisante pour satisfaire la demande pour cette ressource. M. Paradis a lui-même créé une halte-chaleur, indépendante de la Ville, dans le secteur Hochelaga-Maisonneuve l’année dernière.

Il déplore l’absence de haltes-chaleur dans les quartiers périphériques au centre-ville, lesquels abritent pourtant de plus en plus de personnes en situation d’itinérance. Il est selon lui irréaliste pour ces personnes de se rendre à pied à une halte-chaleur située au centre-ville.

«Les personnes itinérantes ne peuvent pas marcher jusqu’au centre-ville avec leur chien sans savoir si elles vont être acceptées. Ces personnes doivent être accompagnées et elles sont bien dans le quartier où elles sont.»