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Le no 2 de l’UPAC moussait Newtech auprès de ses collègues

Le numéro 2 de l’UPAC Marcel Forget (à droite aux côtés de son patron Robert Lafrenière [au centre] et de l’inspecteur André Boulanger) a nié avoir suggéré à ses ex-collègues de la SQ d’investir dans Newtech, une entreprise dont il était actionnaire.
Photo Pierre-Paul Poulin Le numéro 2 de l’UPAC Marcel Forget (à droite aux côtés de son patron Robert Lafrenière [au centre] et de l’inspecteur André Boulanger) a nié avoir suggéré à ses ex-collègues de la SQ d’investir dans Newtech, une entreprise dont il était actionnaire.

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Deux ex-policiers de la Sûreté du Québec se rappellent que l’actuel numéro 2 de l’UPAC, Marcel Forget, déployait beaucoup d’efforts pour promouvoir Newtech, une entreprise qui a ensuite sombré dans la controverse.

Ces déclarations viennent corroborer celle de l’ex-directeur général de la SQ Mario Laprise, rapportée dans notre édition de jeudi.

M. Laprise a affirmé avoir acheté des actions de Newtech à la suggestion de M. Forget, aujourd’hui commissaire associé aux vérifications de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). À ce titre, M. Forget, un ancien de la SQ, est chargé de vérifier l’intégrité des entreprises qui veulent répondre aux appels d’offres publics.

En entrevue mercredi, M. Forget a soutenu qu’il n’est « pas quelqu’un qui peut faire des suggestions » d’investissement.

Nouveaux témoignages

Un ex-collègue policier de M. Forget, qui a réclamé l’anonymat, a affirmé à notre Bureau d’enquête qu’il s’était fait offrir d’investir dans Newtech, qui voulait fabriquer un frein intégral, un projet qui n’a pas abouti.

« Il disait à ses collègues de travail qu’il y avait des actions à vendre et que c’était un produit révolutionnaire qui ferait un boom au niveau des actions », a-t-il raconté en situant les événements entre 2004 et 2007.

Tout comme l’a dit M. Laprise, cette source a indiqué que « plusieurs collègues » ont, tout comme M. Forget, acheté des actions de Newtech, un projet qui s’est soldé par des pertes pour plusieurs petits investisseurs.

Cet ex-policier a toutefois décliné l’offre de M. Forget. « Je n’ai pas acheté d’actions. »

Cette source raconte n’avoir jamais vu M. Forget vendre des actions, mais il a soutenu que « les investissements se faisaient par l’entremise de Marcel ».

« Visionnaire »

Un deuxième ex-policier, qui n’a pas voulu être identifié, a confié que M. Forget présentait Newtech à ses collègues comme un investissement « alléchant ».

Selon cette source, qui a fait un achat de moins de 5000 $ de titres de l’entreprise, M. Forget a présenté l’homme d’affaires Marcel Pontbriand à ses collègues. M. Pontbriand a ensuite été condamné à 140 000 $ d’amende relativement à la vente d’actions de Newtech.

« Il nous remplissait que c’était la compagnie de l’avenir et que Pontbriand était un visionnaire », a indiqué cet ex-policier qui dit avoir perdu son investissement.

Pourtant, questionné sur M. Pontbriand par le Bureau d’enquête mercredi, M. Forget a affirmé : « Je ne connais pas cet individu, mais je sais qu’il a fait énormément de problèmes à énormément de personnes. »