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Le personnage de Mike Gauvin: «La plus belle carte de visite»

Benoît Gouin
Photo courtoisie, Eric Myre

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Seize ans après le film Québec-Montréal, Benoît Gouin se fait régulièrement aborder sur la rue par des gens qui lui rappellent le personnage de Mike Gauvin, personnage mythique du film de Ricardo Trogi.

« Les gens m’appellent Mike Gauvin au moins une fois par semaine. Ce personnage a été, pour moi, la plus belle carte de visite que je ne pouvais pas espérer. À partir du moment où le film est sorti, ça m’a aidé à me faire connaître auprès des gens et des producteurs. Ce fut extrêmement positif pour moi », a-t-il lancé, lors d’un entretien, remerciant le réalisateur Ricardo Trogi et le destin d’avoir mis ce personnage sur sa route.

Interrogé sur la possibilité d’une suite de ce film-culte, dans laquelle on pourrait retrouver les mêmes personnages, dix ou quinze années plus tard, le comédien que l’on peut voir dans le téléroman L’heure bleue, doute que la chose se fasse.

« Pour en avoir déjà parlé à Ricardo, le réalisateur a peur de briser le côté culte autour de ces personnages et de ce long-métrage », a-t-il indiqué.

Pour son rôle de l’homme d’affaires Bernard Boudrias, dans L’heure bleue, Benoît Gouin mentionne avoir discuté avec quelques médecins de son entourage et effectué quelques recherches afin de pouvoir aborder les suites d’une sauvage agression dont son personnage a été victime à la fin de la première saison.

« J’ai interrogé des gens qui sont compétents en la matière pour qu’ils me racontent quelles sont les séquelles, lorsque l’on sort d’un coma de deux semaines. J’ai aussi regardé des témoignages de gens sortant du coma sur YouTube. Il y avait aussi, sur le plateau de tournage, une personne-ressource pour nous conseiller sur la justesse de certaines choses et sur l’aspect réadaptation. On a essayé de rendre tout ça crédible », a-t-il indiqué.

L’idée, explique le comédien, était de montrer un homme diminué et au ralenti, pour lequel on a volontairement évité, parce qu’il s’agit d’une série télé, les problèmes d’élocution.

« Le coma a ce genre d’effets. Les gens, lorsqu’ils en sortent, sont au ralenti. Ils cherchent leurs idées, leurs mots, ils sont excédés facilement, le bruit les assaille tout le temps et ils deviennent impatients. On voulait qu’il revienne avec toute sa tête, mais pas avec toutes ses forces. C’est une réadaptation qui peut être longue. Ils doivent penser aux gestes qu’ils vont poser. Se raser devient une grande aventure », a-t-il fait remarquer.

Une première

Benoît Gouin avoue avoir eu énormément de plaisir à tourner une scène où, exacerbé, il balance un plateau de nourriture d’hôpital.

« C’est toujours agréable de poser des gestes excessifs que tu ne te permets pas de poser dans la vie, parce que tu es un être civilisé, que tu vis en société et que tu dois respecter la liberté de tous », a-t-il laissé tomber en riant.

C’était la première fois que le comédien avait à aller dans des zones de jeu associées au deuil, qu’il n’avait pas eu à visiter jusqu’à maintenant. Bernard Boudrias doit faire face à la perte d’un jeune enfant, qui a été heurté mortellement par un chauffard.

« J’ai joué toutes sortes de personnages, des tueurs, des méchants, des bons gars, des bons psychologues et des avocats véreux qui permettaient d’aller chercher dans la palette d’émotions, mais c’est la première fois que je devais aller dans des zones très intimes et profondes de deuil, où le cœur est dans l’eau. C’était la première fois que j’avais ce genre de défi à relever et ce n’est pas quelque chose que j’ai accepté sans appréhensions. Ça demande énormément de délicatesse et je suis content du résultat », a précisé le comédien, qui était en nomination, lors du dernier Gala des Gémeaux, pour le Meilleur premier rôle masculin dans une série dramatique.

Choyé et chanceux

Le comédien, qui partira sur la route en janvier pour la tournée de la pièce de théâtre Race, de David Mamet, avoue avoir été choyé jusqu’à maintenant par la diversité des personnages qu’il a joués au cinéma, à la télé et au théâtre.

« Je ne suis pas là à me dire, ça, j’aimerais ça jouer ça. J’ai été chanceux. J’ai toujours eu des rôles intéressants, qui font tourner et rebondir l’action, que ce soit à travers des personnages plus dramatiques, plus humoristiques et des incursions dans des univers différents. Quand ça m’attire, j’y vais. Je ne suis pas là à taper du pied pour attendre un rôle en particulier », a-t-il dit.


L’heure bleue est diffusée les mardis à 21 h sur les ondes de TVA.