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Montréal au temps de la Grande Guerre

15 novembre 1916

Avant Après
Photo d'archives de la Ville de Montréal, Parade militaire sur le Champs de Mars le 15 novembre 1916, VM6-D1901-223-31-020-2b
Photo Ben Pelosse

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Au front avec le Black Watch (Royal Highland Regiment)

Sur le Champ-de-Mars, le 15 novembre 1916, les recrues du 5e bataillon du Black Watch paradent une dernière fois avant leur départ au front. Ce conflit lointain avait débuté le 28 juin 1914 à Sarajevo, où le nationaliste serbe Gavrilo Princip assassina l’archiduc François-Ferdinand et son épouse Sophia. Cet attentat visant à revendiquer l’indépendance slave face à l’impérialisme austro-hongrois précipite l’Europe dans une longue guerre meurtrière. L’Angleterre, alliée à la France et à la Russie, protectrice des Slaves de Serbie, s’oppose à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Empire ottoman. Héritier d’une longue tradition écossaise, le Black Watch répond à l’appel aux armes lancé par la mère patrie anglaise. Le recrutement et l’entraînement commencent à la caserne de la rue de Bleury, qui existe toujours aujourd’hui. L’enthousiasme des débuts fait place à la désolation devant les massacres de la guerre de tranchées et à son enlisement, dès 1915, nécessitant l’envoi de renforts. Près de 70 millions de soldats sont enrôlés à travers le monde. Les survivants reviennent du front marqués à jamais.

Souvenirs du soldat Olivar Asselin

Sur le flanc sud du Champs-de-Mars se dessine la silhouette massive du Manège militaire, désormais disparu. C’est à cet endroit que les volontaires se présentaient pour s’engager dans l’armée, encouragés par la propagande. « Un homme heureux aujourd’hui est un homme au front ! » Ces slogans font réagir les nationalistes francophones qui dénoncent la participation du Canada au conflit. Malgré l’opposition de son milieu, le journaliste Olivar Asselin s’engage en novembre 1915 avec la volonté d’aller aider les Français. Mettant sur pied le 163e bataillon canadien-français, surnommé les « Poils aux pattes », il assiste, impuissant, à son démantèlement à son arrivée en Angleterre. Le militaire étant aussi père de famille, il correspond avec son fils Jean où il raconte avec émotion son quotidien de soldat. S’illustrant à Vimy, il parvient à sauver ses hommes coincés sous le feu ennemi. Survivant à la fièvre des tranchées, il aide à la libération de villages sur la frontière franco-belge. À la fin de la guerre, Olivar Asselin reçoit la Légion d’honneur.

Se débrouiller en temps de guerre

La devanture de ces commerces de la rue Craig (aujourd’hui Saint-Antoine) semble peu invitante. La récession économique qui sévit depuis 1913 affecte ce secteur déjà pauvre, où l’on trouve des magasins d’occasion. À leur pawnshop de la rue Craig, coin Cadieux, les Moses, Magalnick et Rogovein vendent des chemises, pantalons, vestes, manteaux, casquettes et souliers à prix modiques. Bien des chômeurs n’ont guère d’autre choix que de se vêtir « chez les Juifs de la rue Craig », comme l’écrit Gabrielle Roy dans Bonheur d’occasion. Au refuge Meurling, les victimes de la récession économique sont directement visées par les campagnes de recrutement de l’armée durant la Grande Guerre. Si la guerre contribue à faire reculer le chômage, les dernières années du conflit sont particulièrement difficiles. Avec le rationnement et l’enrôlement obligatoire dès 1917, la colère gronde à Montréal et à Québec où plusieurs émeutes sanglantes surviennent. Véritable soulagement, la fin de la guerre entraîne néanmoins un ralentissement économique, frappant directement les soldats démobilisés.

♦ Le jour du Souvenir est célébré annuellement le 11 novembre, le jour de la signature de l’Armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale. Il commémore le sacrifice des soldats qui ont donné leur vie durant la Grande Guerre, mais aussi lors d’autres conflits.