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Pascale Bussières: la muse des jeunes cinéastes

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Photo Agence QMI, Dario Ayala Pascale Bussières est l’héroïne dans le thriller psychologique Nous sommes les autres, premier long métrage du réalisateur Jean-François Asselin.

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Il suffit de jeter un coup d’œil sur sa filmographie pour constater que Pascale Bussières n’a jamais eu peur de travailler avec de jeunes cinéastes. De Denis Villeneuve à Guy Édoin, en passant maintenant par Jean-François Asselin, l’actrice a souvent joué dans les premiers films de réalisateurs québécois.

« C’est vrai que ça m’est souvent arrivé, lance Pascale Bussières, rencontrée la semaine passée à l’occasion de la sortie du film Nous sommes les autres, le premier long métrage du réalisateur Jean-François Asselin (Plan B, François en série).

« Ce n’est pas vraiment un hasard : j’aime jouer dans des premiers films. J’ai même été dans le premier film d’un certain réalisateur qui s’appelle Denis Villeneuve, lance-t-elle en riant.

L’actrice fait évidemment référence à Un 32 août sur Terre, premier long métrage de Villeneuve (sorti en 1998) dans lequel elle jouait aux côtés d’Alexis Martin. Tourné à Montréal et dans le désert de l’Utah, ce film raconte l’histoire d’une jeune mannequin (Bussières) qui désire avoir un enfant et qui demande à son meilleur ami (Martin) de lui faire. Celui-ci acceptera en imposant une seule condition : que cet enfant soit conçu dans le désert.

Si elle avait déjà perçu l’énorme talent de Villeneuve à l’époque, Pascale Bussières avoue être surprise de le voir aujourd’hui être aux commandes de grandes productions hollywoodiennes comme Blade Runner 2049.

« C’est assez inattendu. On ne pouvait pas prédire cela. Mais il y avait certainement en lui déjà à l’époque un côté formel qu’on retrouve encore dans son cinéma aujourd’hui. Ça pouvait même être un peu mal perçu à l’époque parce le cinéma québécois provient beaucoup du cinéma vérité et que le côté esthétisant du cinéma de Denis était différent.

« Pour Un 32 août sur Terre, on a beaucoup tourné dans le désert. Et en voyant les plans qu’il tournait, on voyait qu’on était déjà dans le cinéma. On pouvait voir qu’il avait énormément de talent. Mais après, on ne pouvait pas savoir qu’il irait aussi loin. Aujourd’hui, il se retrouve à la tête de projets énormes. Il doit avoir des décisions à prendre à chaque instant et chacune de ces décisions doivent être extrêmement lourdes de conséquences. Au delà du talent, ça prend énormément d’énergie, de courage et de conviction de faire entendre sa voix jusqu’au bout et de tenir son bout jusqu’à la fin. Je trouve cela extraordinaire. Chapeau à lui ! »

Le regard des autres

Dans le thriller psychologique Nous sommes les autres, le premier long métrage du réalisateur Jean-François Asselin, Pascale Bussières se glisse dans la peau de Myriam, une femme qui partage sa vie avec un architecte de renom. Le jour où celui-ci disparaîtra de façon mystérieuse, elle tentera du mieux qu’elle peut de le remplacer dans sa vie en jetant son dévolu sur un jeune architecte (Émile Proulx-Cloutier) qu’elle vient d’engager pour poursuivre le travail de son mentor.

« Quand un vide se crée, on a tendance à vouloir le combler humainement et à y mettre toutes ses projections, ses désirs et ses fantasmes sur quelqu’un d’autre, explique Pascale Bussières. Je trouvais cela intéressant que le personnage de Myriam vive à la fois le deuil de l’abandon de cet homme-là, mais qu’elle sente aussi le besoin de le remplacer très rapidement par un autre homme, un jeune architecte avec qui elle tente d’avoir un lien similaire.

« Myriam est un personnage un peu triste, presque enfantin. Elle est très dépendante, mais aussi en même temps très contrôlante. Elle a énormément de pouvoir et elle arrive à injecter dans l’autre toute sa propre histoire et ses désirs. Pour moi, c’est une femme qui est en mode survie. Et sa survie dépend de l’existence de l’autre. Et le regard de l’autre, c’est beaucoup le sujet du film de Jean-François (Asselin). »


Le film Nous sommes les autres a pris l’affiche hier.