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Un album pour la Bolduc

ART-PORTRAIT DE DEBBIE LYNCH-WHITE
Photo Agence QMI, Dario Ayala Debbie Lynch-White garde de bons souvenirs de toutes les heures de pratique investies dans l’apprentissage des différentes turlutes que l’on peut entendre sur les chansons de La Bolduc.

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En attendant la sortie en salles de La Bolduc, le public est invité à redécouvrir, sur disque, quelques-uns des plus grands classiques de la légendaire musicienne. Pour l’occasion, Le Journal s’est entretenu avec Debbie Lynch-White, l’interprète qui a eu l’honneur de la faire revivre, en images et en chansons.

ART-PORTRAIT DE DEBBIE LYNCH-WHITE
Photo courtoisie

Sur le disque, on nous présente des versions assez fidèles de classiques de La Bolduc comme Le jour de l’an et J’ai un bouton sur la langue, mais chantées par toi. Est-ce un album de reprises ?

Je ne le vois pas comme ça. Oui, c’est moi qui chante, mais ça reste une comédienne au service du personnage et au service d’une œuvre. Il y a quelques petites adaptations dans les mélodies, dans la musique, mais pas tant dans la voix (...) Quand on m’a dit qu’on souhaitait faire un album pour accompagner le film, j’étais super emballée. Je trouvais que c’était vraiment une bonne idée. Si, à travers moi, les gens peuvent redécouvrir La Bolduc, c’est vraiment tant mieux. C’est ce que j’espère, en fait.


Pourquoi crois-tu que la nouvelle génération devrait s’intéresser à l’œuvre de La Bolduc ?

Parce que c’est encore d’actualité, La Bolduc. Oui, c’est de la musique traditionnelle. Oui, c’est un genre que certains jeunes connaissent peut-être un peu moins, mais ça reste que c’est nos racines et qu’il y a des classiques qui traversent les générations, dans son répertoire. Elle véhicule des valeurs qui sont encore très pertinentes.


Lesquelles, par exemple ?

Sa chanson Ça va venir découragez-vous pas est un hymne au courage. La Bolduc, c’est de l’espoir. C’est une femme forte qui croit que même si tu tombes, dans la vie, le plus important, c’est que tu te relèves. Ce qui est quand même dichotomique, c’est qu’elle chante les valeurs de l’époque qu’elle connaît, une époque durant laquelle les femmes étaient principalement au foyer (...), mais en faisant tout le contraire. Elle partait en tournée et elle avait une vie relativement moderne, très avant-gardiste. Par contre, elle chantait ce qu’elle connaissait. Je trouve ça super intéressant.


Est-ce que le projet t’a appris des choses sur l’époque dans laquelle nous vivons, présentement ?

J’en parlais avec des amis, justement, il y a quelques jours. On a encore l’impression qu’il y a une énorme côte à gravir pour les droits des femmes ou l’égalité des sexes – on est témoin de choses qui se passent qui nous prouvent que la partie n’est pas gagnée –, mais en peu de temps, il faut reconnaître qu’il y a eu beaucoup de chemin de fait. En 100 ans, c’est fou ce qui a été accompli, surtout au Québec. Nous sommes une société très ouverte si on se compare à d’autres endroits. Il y a encore des camps où l’on tue des homosexuels, en Tchétchénie (...) On est bien, ici, même s’il y a encore du travail à faire.


Pourquoi La Bolduc était-elle si populaire, d’après toi ?

Elle a donné une voix au peuple. Je crois que c’est pour cette raison qu’elle a connu le vedettariat de son vivant. Elle faisait du bien aux gens. Elle était très drôle, aussi, dans ses chansons. J’ai lu que certaines personnes la considèrent même comme la première humoriste. Elle avait un sens du punch et du timing, dans ses chansons. Elle faisait oublier leurs tracas aux chômeurs et aux gens qui travaillaient dur pour nourrir leur famille. Elle leur faisait du bien parce qu’elle était l’une des leurs, aussi.


Tu vis avec les chansons de La Bolduc depuis que tu as auditionné pour le rôle, il y a plus de deux ans. Parle-nous de ta relation avec ses chansons...

Elles sont là et elles m’empêchent de dormir, des fois (rires). Les turlutes, je les ai faites dans ma douche, en auto, en cuisinant... Je ne peux même pas compter les heures investies dans la pratique, mais je peux dire que j’ai aimé ça ! Là, je n’avais pas turluté depuis la fin du tournage, en avril. Pour le lancement de l’album, je me suis replongée là-dedans et j’ai réalisé que ça ne se perd pas. Ça t’habite vraiment.


L’album La Bolduc est offert en magasin et en ligne. Le film du même nom, réalisé par François Bouvier, prendra l’affiche au printemps.