/finance/business
Navigation

Compétition féroce de talents

Les programmeurs sont très courtisés par les entreprises du secteur du jeu vidéo

Au Québec, l’industrie du jeu vidéo peine à recruter des talents, mais la croissance reste tout de même au rendez-vous, chez nous comme à l’étranger. Sur la photo (à titre illustratif seulement), un employé d’Ubisoft à l’œuvre à Québec en 2016.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés Au Québec, l’industrie du jeu vidéo peine à recruter des talents, mais la croissance reste tout de même au rendez-vous, chez nous comme à l’étranger. Sur la photo (à titre illustratif seulement), un employé d’Ubisoft à l’œuvre à Québec en 2016.

Coup d'oeil sur cet article

Jamais n’a-t-on vu une si grande compétition dans le secteur du multimédia. Nos studios s’arrachent littéralement les talents, une situation qui est loin de s’améliorer, mais que refusent de voir d’un œil alarmiste les joueurs de l’industrie.

« Nous ne sommes pas alarmistes, mais c’est vrai que la pénurie de main-d’œuvre est là. Il y a un vrai stress. Ce n’est toutefois pas le mélodrame auquel certains voudraient nous faire croire », tranche Catherine Émond, directrice générale de l’Alliance numérique, représentant plus de 100 boîtes du jeu vidéo et du divertissement numérique interactif.

Selon elle, malgré cette pénurie, un nombre grandissant de compagnies tirent très bien leur épingle du jeu. Au Québec, comme à l’étranger, la croissance est au rendez-vous, explique-t-elle. « Nous sommes excellents en design ici », ajoute-t-elle.

Plus de 10 000 emplois sont liés à l’industrie et les retombées économiques s’élèvent à plus de 827 millions $, selon l’Alliance numérique. Le travailleur moyen du secteur est âgé de 30 ans et gagne 72 000 $ par année.

Artistes d’abord

Mme Émond insiste aussi pour dire que les travailleurs de l’industrie sont avant tout des artistes. « Un ingénieur qui œuvre dans l’industrie du jeu vidéo n’accepterait peut-être pas un poste dans le secteur manufacturier ou les assurances... C’est un choix de vie », relève-t-elle.

Alexandra Beaulieu, directrice des ressources humaines de Beenox, un studio de Québec de jeux vidéo, admet que le défi est de taille. « Les programmeurs sont une denrée rare. Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Peu réussissent nos tests. Quand on en trouve un qui a énormément du talent, on va sauter dessus », partage-t-elle.

Pas de surenchère

Selon Mme Beaulieu, plus une entreprise comme Beenox devient spécialisée et réputée, plus il devient difficile de recruter de solides candidats. « Par contre, on ne veut pas tomber dans la surenchère... Sinon tout le monde y perd, se défend-elle. On offre une expérience de travail. C’est ça qu’on met de l’avant. »

Julien Lavoie, vice-président, affaires publiques, de l’Association canadienne du logiciel de divertissement, représentant les plus grandes compagnies au pays, observe que plusieurs entreprises d’ici se tournent désormais vers l’étranger pour combler leurs besoins. « Nos membres nous disent que les programmes qui leur permettent d’aller chercher les travailleurs à l’extérieur du pays les aident vraiment beaucoup », note-t-il. Pour M. Lavoie, les entreprises n’hésitent plus à se rabattre vers l’étranger quand elles doivent dénicher rapidement des candidats intermédiaires ou seniors.

5 métiers les plus demandés

  1. Animateur technique – 63 500 $
  2. Game designer – 60 000 $
  3. Programmeur Gameplay – 65 000 $
  4. Programmeur, service en ligne – 74 000 $
  5. Programmeur senior, jouabilité systémique – 67 500 $

Source : Alliance numérique