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Des conserves de fruits et de légumes rejetés

La Transformerie souhaite diminuer le gaspillage alimentaire dans des épiceries

guillaume cantin
Photo Marie-Ève Dumont Guillaume Cantin souhaite contribuer à diminuer le gaspillage alimentaire en fondant l’organisme La Transformerie.

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Des pommes bosselées, des aubergines ramollies ou des bananes très mûres pourront désormais éviter le chemin de la poubelle grâce à La Transformerie, qui veut en faire des conserves gourmandes.

« On prend des fruits et légumes qui sont mûrs à point, qui ont une petite tache, les produits qui sont retirés des tablettes et on les transforme », explique Guillaume Cantin, initiateur de La Transformerie, un organisme sans but lucratif.

Au Canada, 40 % de la nourriture est gaspillée. C’est donc 31 G$ qui sont mis directement à la poubelle chaque année.

C’est dans cette optique que l’ancien chef du restaurant les 400 coups à Montréal a développé une quinzaine de produits, des tartinades salées et sucrées, à partir de fruits et légumes rejetés.

Le goût d’acheter

« On ne veut pas faire des produits niches que les gens vont donner comme cadeau d’hôtesse à Noël. On veut que ce soit des produits récurrents qu’ils ont le goût d’acheter. On va aussi avoir un travail de sensibilisation auprès du grand public pour lui expliquer que ce ne sont pas des produits pourris. J’ai été moi-même surpris de la qualité de ce que l’on retrouve », soutient M. Cantin.

Dizaine d’épiceries

Un caramel de bananes, sans produit laitier, un humus de brocoli sans pois chiche ou un cari d’aubergine font partie des conserves qui devraient être offertes dès le début de 2018. « Pas d’agent de conservation, pas de mot bizarre », certifie-t-il.

Avant de démarrer son projet, M. Cantin a rencontré près d’une dizaine d’épiceries dans le quartier Rosemont à Montréal pour savoir ce qui survenait des produits qui n’ont pas attiré l’œil des consommateurs, et voir les solutions possibles.

« On a fait ce travail en amont, on est allé à l’écoute des commerçants pour ne pas arriver avec une solution qui ne cadre pas avec leur réalité », mentionne-t-il.

Les produits de La Transformerie devraient être offerts dans la dizaine d’épiceries qui donnent leurs invendus. Le prix suggéré pour les tartinades salées est de 6 $ et de 5 $ pour les sucrées, pour un pot de 250 ml.

« On a une excellente collaboration. C’est une façon pour eux de rentabiliser une perte et de diminuer les coûts de gestion des déchets », ajoute-t-il.

Redonner aux démunis

M. Cantin souhaite aussi entrer en contact avec les organismes qui luttent contre l’insécurité alimentaire pour essayer de faire le pont entre les invendus qui ne seront pas mis en conserves et les plus démunis qui en auraient besoin.

« C’est un peu une aberration, le gaspillage alimentaire. D’une part, on produit beaucoup plus de ressources que ce dont on a réellement besoin, et d’autre part, il existe des solutions, mais on n’arrive pas à les mettre ensemble », se désole-t-il.

L’organisme souhaiterait aussi mettre en place des solutions pour diminuer le gaspillage auprès des commerces participants et ailleurs dans la chaîne de production.

« On ne prétend pas qu’on va réussir à enrayer complètement le gaspillage, mais on essaie de faire ce qu’on peut dans la limite de nos capacités et on espère inciter d’autres gens à créer d’autres initiatives », souligne M. Cantin.