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Ardente Geneviève Leclerc

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MONTRÉAL – Il n’y a aucun doute, le spectacle du premier-né de Geneviève Leclerc, «Portfolio», est une carte de visite sur mesure et met pleinement en valeur les acquis de son artiste: puissance vocale et théâtralité.

Forte d’un parcours dans des revues musicales («Guys and Dolls», «Les misérables» et «Les Belles-Sœurs: The Musical»), la chanteuse de Gatineau a en effet habité la scène du Lion d’or, à Montréal, lundi, avec cette intensité qu’on lui connaît autant dans la voix que dans le regard.

Chanson-thème de «Bagdad café», «Calling You» était tout désignée pour mettre la table avec éclat. Entourée de Nick Burgess au piano, Jeanne Corpataux-Blache à la contrebasse, Philippe Fleury à la batterie, de la choriste Chloé McNeil, de sa famille et de ses amis, la trentenaire, qu’on pourra entendre l’été prochain dans la toute nouvelle comédie musicale «Cocktail», dévoilée ce lundi, ainsi que dans «Opération Noisettes & amis», présenté à l’Olympia pendant les Fêtes, a poursuivi dans cette veine à fleur de peau, avec deux titres de son répertoire – «Limpide » et «Mon indispensable».

Cocktail d’émotion

Après un passage consacré à Édith Piaf, elle s’est complètement réapproprié «J’attendrai» de Dalida dans une relecture jazz. Très réussie.

Bouleversante, sa voix a arpenté d’une justesse infaillible les poignantes «Une histoire d’amour» de Mireille Mathieu, «les parapluies de Cherbourg» de Michel Legrand (pour qui elle l’a d’ailleurs chantée en Russie en remplacement de Maurane) et «Je ne t’aime plus» de Mario Pelchat. «Un personnage se met à chanter lorsque l’émotion est trop forte pour pouvoir la véhiculer par la parole», avait-elle prévenu.

Un porte-bonheur

Si l’on craignait que la mélancolie arrive au point de saturation après la première partie, le retour sous les projecteurs, nettement plus vitaminé, a vite dissipé nos appréhensions. De belles surprises ont retenti, dont «River Deep Mountain High», qui a fait taper des mains, et son porte-bonheur «Big Spender», tiré de «Sweet Charity» et grâce auquel les quatre coachs de «La Voix» s’étaient retournés en 2016, lors de son audition à l’aveugle. Là où l’on sent la chanteuse dans son élément, c’est justement à travers les titres empruntés aux comédies musicales, qui exploitent son côté tragique comme celui plus show girl. Il faut dire que la griffe de René Richard Cyr à la mise en scène contribue à mettre en relief toute sa théâtralité.

Au moment d’écrire ces lignes, le tour de chant battait son plein avant de se boucler avec une version piano-voix de «What’s Up» de 4 Non Blondes et, évidemment, la chanson de Serge Lama «Je suis malade», que la protégée de Marc Dupré avait défendue aux demi-finales de «La Voix».

Le 18 novembre prochain, lors du 67e défilée du père Noël, Geneviève Leclerc offrira sa relecture jazz de «Last Christmas» du groupe WHAM, formation du regretté George Michael.