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Crier au racisme comme on crie au loup

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« Je trouve qu’on n’a pas de liberté ! » Cette phrase est sortie de la bouche d’une militante qui marchait hier contre « l’oppression » ambiante. Au-delà du ridicule de cette accusation, c’est assez symptomatique de ce qui se passe chez nous, où les droits de quelques personnes supplantent ceux de la majorité. Le droit de se plaindre appartient à tout le monde, comme le droit de manifester. Mais quand ce sont toujours les mêmes qui revendiquent, brassent, accusent, je questionne notre patience.

Manif inc.

On a concédé la place publique aux activistes professionnels pour qui c’est un job à temps plein de jeter de l’huile sur le feu. En première ligne de défense des soi-disant opprimés, Jaggi Singh, qui s’agite avec son porte-voix comme à son habitude. Pour ce militant professionnel, descendre dans la rue, c’est une business. On le voit souvent menottes au poing à la fin d’une manif. Pour lui, c’est mission accomplie quand la « méchante police » l’arrête. Il peut redire à quel point nous sommes persécutés. À la manif pro-immigration, à Québec en août dernier, les gens de La meute avaient l’air de moines bouddhistes comparés à l’agressivité de Singh. À les entendre, lui et sa brigade d’anarchistes, nous sommes brimés, asphyxiés par la haine, le racisme, la xénophobie, l’extrême droite, le colonialisme, le patriarcat. La liste est si longue qu’on s’y perd. On cherche le véritable thème qui a fait déplacer tout ce beau monde.

Le bordel

Je me demande d’ailleurs ce qu’ont en commun la Ligue des droits et libertés, la Ligue antifascisme, la Fédération des femmes du Québec et la députée Manon Massé ? Se peut-il que chacun ait avantage à nourrir un certain « bordel » pour rassurer sa base et s’attirer des partisans ? Si c’est le cas, il faut le dénoncer haut et fort, car ce n’est pas à la hauteur de ces groupes qui dénoncent la haine et le racisme. Revendiquer sans jugement, c’est comme crier au loup. Le risque, c’est que plus personne n’écoute.