/opinion/blogs/columnists
Navigation

Et l’adaptation, bordel!

GEN-MANIFESTATION-RACISME
GUY MARTEL/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

Malgré sa faible participation, la manifestation antiraciste tenue à Montréal a réussi à m’exaspérer au plus haut point avec les commentaires des organisateurs et les récriminations de certains participants qui voient, tant dans la loi 62 des libéraux que dans la charte des valeurs des péquistes, une expression de racisme à l’égard des minorités. Le jour n’est pas loin où plusieurs regretteront que le ministre Drainville n’ait pu aller au bout de son projet et clarifier une fois pour toutes les règles du vivre ensemble en sol québécois.

Il faut vraiment vivre dans la ouate pour considérer que la loi mise de l’avant par madame Vallée, sous la houlette de son chef Philippe Couillard, constitue une forme d’exclusion et d’oppression. Il est vrai que la ministre de la Justice n’a pas péché par excès de rigueur dans la défense de son projet de loi, mais il ne faudrait tout de même pas perdre de vue que le PLQ et son chef sont des chantres du multiculturalisme canadien et qu’ils imposent tout simplement que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert tout en continuant d’ouvrir la porte à des accommodements raisonnables en cette matière. Il faut beaucoup d’imagination pour y voir du racisme.

Quant aux péquistes de Pauline Marois, ils voulaient interdire à tous les employés de l’État le port de signes religieux dans leur prestation de service. Leur projet touchait toutes les confessions religieuses et leurs signes ostentatoires. La croix chrétienne portée en médaillon aurait été tout aussi interdite que le voile ou le kirpan pour les employés du secteur public. Qu’on soit d’accord ou non avec ce projet de charte des valeurs, pour des raisons toutes aussi valables les unes que les autres, il faut définitivement être tordus pour y voir un projet raciste. D’abord, c’est du religieux dont il était question et les interdits ne se posaient que pour le personnel du secteur public afin de bien illustrer la neutralité religieuse de l’État.

Cette montée en puissance des présumés persécutés qui n’hésitent pas à qualifier d’extrémistes de droite et de racistes toutes personnes défendant une opinion différente de la leur, trouve son essence dans le multiculturalisme et dans notre laxisme à affirmer notre identité culturelle. Contrairement au vieux proverbe qui disait : « celui qui vit à Rome, vit comme les Romains », il semble que maintenant ce soit aux Romains de s’adapter et de bousculer leurs coutumes pour plaire aux nouveaux arrivants. Les valses hésitations de nos gouvernements et leurs politiques du laisser faire ont généré cette confusion tout en ne favorisant pas l’adaptation aux us et coutumes de la société d’accueil.

Bizarrerie de notre époque, l’acculturation appréhendée pour les nouveaux arrivants s’est transportée chez les habitants de longue souche à qui on demande de taire leur identité pour ne pas indisposer l’immigration récente. Si Claude Gauthier reprenait  les déclamations de sa chanson Le plus beau voyage, il devrait y ajouter : « Je suis d’un Québec qui s’ignore», rendant encore plus impossible la libération qu’il nous prédisait.