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Allez voir L’Iliade, c’est tout un « show » !

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La plupart d’entre nous ont déjà entendu les noms Andromaque, Cassandre, Ulysse ou Achille. Tous sans exception connaissent « le cheval de Troie ». Ce grand cheval de bois a permis aux Grecs de passer un formidable sapin aux Troyens et de conquérir la ville de Troie. L’astuce a donné naissance à une expression qu’on emploie encore aujourd’hui.

Vraie ou fausse, enjolivée ou non, l’histoire est belle. Le Troyen Pâris enlève Hélène, l’épouse du Grec Ménélas. Indignés, les Grecs font le siège de Troie pour la libérer. Achille, leur meilleur guerrier, refuse de se battre parce qu’il a une dent contre ses compatriotes. Sa « conscience » le place alors devant un dilemme cornélien : s’il se bat, les Grecs vaincront et il mourra en héros, alors que s’il s’obstine dans son refus, il vivra, mais sombrera dans l’oubli.

Marc Beaupré, qui a tous les talents d’acteur (Bon cop, bad cop, Deux frères, Série noire, etc.) est aussi metteur en scène. Le trompettiste Stéphan Boucher, lui, sécrète la musique par tous ses pores. Les deux ont transformé l’antique tragédie d’Homère en une comédie musicale dramatique. Leur Iliade fait même aimer le slam et le rap à ceux qui abhorrent ces formes d’expression.

Voir L’Iliade de Marc Beaupré, c’est une expérience étonnante. Le fameux cheval qui finit par paraître sur scène est aussi minuscule que l’œuvre qu’il a inspirée est grande. Jusqu’au 6 décembre, ne cherchez plus l’excellence théâtrale, elle se trouve au Théâtre Denise-Pelletier.

UN HOMME DE DANSE

Fin des années 50, nous étions voisins de palier, les Chiriaeff et ma jeune famille. Je ne sais combien d’heures j’ai passées à écouter Ludmilla raconter son enfance bouleversante. Même si sa mère était d’origine polonaise et qu’elle était née en Latvie, ses parents ayant fui la Russie durant la révolution, personne n’était plus russe que Ludmilla.

Moi qui avais l’habitude de la voir toujours mélancolique et l’âme en écharpe, quelle ne fut pas ma surprise le soir où elle entra chez moi les yeux pétillants, le sourire large et le verbe joyeux. Elle revenait de New York, où elle avait arraché au Ballet du Metropolitan Opera un jeune danseur qui serait la vedette de sa troupe. Elle tira de son sac à main la photo d’un danseur au début de la trentaine, beau comme un dieu. C’était Vincent Warren, le Noureïev américain, l’ami de Warhol et de Pollock, peintres déjà célèbres, et, surtout, il était l’amant de Frank O’Hara, le poète américain de l’heure.

LE GROS LOT

Ludmilla avait gagné le gros lot. Montréal aussi.

Durant 18 ans, Warren fut la vedette des Grands Ballets, le pivot de spectacles comme Tam Ti Delam, Tommy et l’inoubliable Adieu Robert Schumann. Après avoir accroché ses chaussons, Warren a collaboré avec le Groupe de la Place Royale et, surtout, il a amassé une incroyable collection de livres, de figurines et d’artefacts. La collection, qui comporte 27 000 titres, est exposée à la bibliothèque de l’École supérieure de la danse.

C’est à cet endroit qui porte son nom qu’on rendra hommage, vendredi, au danseur décédé à la fin d’octobre. L’an dernier, le film de Marie Brodeur qui raconte sa vie, Un homme de danse, a gagné le prix de la meilleure œuvre canadienne au Festival international du film sur l’art.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

Est-ce parce qu’elle savait déjà qu’elle vendrait du « pot » que la SAQ a baptisé sa carte Inspire ?