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Des pharmaciens incapables de se procurer de la naloxone

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Sarah Daoust-Braun / 24H La pharmacienne Félice Saulnier présente le médicament naloxone et ses divers composants pour facilier son injection à la suite de l'annonce de la gratuité de la naloxone par le gouvernement du Québec.

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Des pharmaciens étaient incapables de se procurer de la naloxone, mardi, alors que l’accès gratuit à cet antidote du fentanyl a été rendu possible vendredi.

«Les pharmaciens ont tellement commandé que le produit est à court chez le fabricant, ce qui est bon signe. Dès demain [mercredi], tout ça devrait se placer, a indiqué la pharmacienne-propriétaire Félice Saulnier qui oeuvre dans un Pharmaprix de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Un pharmacien qui a suivi les formations la semaine dernière et qui a voulu commander lundi n’était pas capable.»

La naloxone, un antidote aux opioïdes comme le fentanyl, était en rupture de stock lundi chez le grossiste McKesson qui vend le médicament à la pharmacie de Mme Saulnier, selon cette dernière. McKesson n’avait pas répondu à la demande d’entrevue du «24 Heures» mardi en fin de journée.

Le médicament injectable couvert par le programme de gratuité du gouvernement, annoncé le 9 novembre et lancé dès le lendemain, est produit par les compagnies Omega et Sandoz. Du côté d’Omega, le produit ne s’est pas retrouvé en pénurie, mais l’entreprise a été prise de court par la soudaine demande.

Félice Saulnier, dont la pharmacie participe à un projet pilote de trousses de naloxone depuis 2015, a mis sur pied la semaine dernière deux webinaires pour former les pharmaciens sur l’utilisation du médicament – qu’ils devront remettre sans ordonnance aux patients qui en font la demande. À ce jour, 1500 pharmaciens ont suivi la formation, qui n’est pas obligatoire, et d’autres webinaires devraient être organisés cette semaine.

Facilité d’accès

Le programme d’accès gratuit à la naloxone a été mis en place comme outil de prévention face à la crise des opioïdes qui pourrait faire cette année 3000 morts au Canada. Toute personne âgée de 14 ans et plus peut se présenter à la pharmacie avec sa carte d’assurance-maladie et obtenir le médicament en un maximum de huit doses.

Un enseignement de 15 à 30 minutes est alors donné par le pharmacien au patient pour lui expliquer, entre autres, les signes d’une surdose et comment agir auprès d’une personne en surdose.

Félice Saulnier, qui désire depuis longtemps l’établissement d’une mesure de ce genre, a salué l’initiative du ministère de la Santé. Ça diminue les risques et c’est même recommandé depuis 2014 par l’OMS [...]. Ça fait en sorte que les gens sont plus conscients des risques associés aux opioïdes en ayant la naloxone sur eux», a-t-elle soutenu, précisant que le médicament est sans danger lorsqu’il est administré, même lorsque le patient n’est pas en surdose.