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Donnons une chance au «Lab-École»

Lab Ecole
Photo Simon Clark

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Le projet de Lab-École de Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie a fait l’objet de beaucoup de critiques. Certaines, qui confinent au sexisme inversé, sont vraiment injustes.

Le projet ne manque pas d’ambition : développer les écoles les plus attrayantes au monde, où sont promues saines habitudes de vie et beauté (entre autres par l’architecture).

L’enthousiasme des trois personnalités a quelque chose de communicatif. Ici, on ne parle pas de l’école de manière déprimante, les yeux rivés sur les budgets, mais pour une fois avec enthousiasme, dans l’objectif de faire, voire d’inventer, ce qu’il y a de mieux.

On me traitera de naïf, mais l’initiative a quelque chose de prometteur.

Ma critique : le rapport au passé des trois initiateurs. Une école peut être vieille et constituer un formidable lieu de transmission.

Pierre Thibault enseigne d’ailleurs à l’École d’architecture de l’Université Laval, à l’intérieur des magnifiques murs blancs du Séminaire de Québec. (Croyez-moi, ils peuvent être inspirants.)

L’école n’est pas qu’un gymnase ou une cafétéria. À trop vouloir la réduire à un « milieu de vie », on oublie que c’est le lieu par excellence de la transmission de la culture où des adultes ont pour devoir de dire aux jeunes êtres humains : « Voici le monde, il est plus vieux que vous. Avant votre naissance, des savoirs et des œuvres formidables ont été faits et vous devez les connaître. »

Capital politique

Au reste, Pierre Lavoie l’a admis à Tout le monde en parle : réunir ainsi trois vedettes pour repenser l’école, à un an des élections... a l’air d’une opération gouvernementale de « capital politique ».

L’athlète a lui-même répondu en soulignant que les trois personnalités y travaillaient bénévolement. Ils souhaitent utiliser leur renommée pour aider l’école à s’améliorer.

N’empêche, pour un gouvernement comme celui de Philippe Couillard qui a imposé une rigueur budgétaire implacable en éducation, jusqu’à susciter des chaînes humaines autour des écoles, l’affaire peut être utile.

Les syndicats d’éducation ont d’ailleurs dénoncé le Lab-École comme un « maquillage », un « camouflage ». Ont dénoncé qu’on laisse de côté bien des pédagogues.

Leur critique n’est pas sans fondement, mais en boudant l’initiative de Ricardo et des deux Pierre, ils laissent entendre qu’à leurs yeux, non-syndiqués et non-pédagogues n’ont rien à dire sur l’école. Ce qui est faux.

Sexisme ?

Par ailleurs, selon certaines féministes, puisque le monde scolaire est aux trois quarts féminin, il serait « sexiste » que le gouvernement ait choisi d’écouter « trois hommes » pour repenser l’école.

D’abord, le Lab-École n’est pas l’unique initiative par laquelle on redéfinira l’école à tout jamais au Québec.

Ensuite, imaginez si on disait « le monde de la construction est aux trois quarts masculin, donc les femmes n’ont rien à dire à ce sujet ». On crierait au sexisme, avec raison. Pourquoi le sexisme inversé serait-il acceptable en éducation ?

Enfin, on entend constamment qu’il manque de figures masculines inspirantes en éducation. C’est précisément ce que sont Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie, non ?