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La solution à la pénurie de main-d'oeuvre dans la restauration passe par le partage des pourboires

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La solution à la pénurie de main-d’œuvre dans les restaurants passe par le partage des pourboires entre tous les employés, estime la directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, Liza Frulla.

«C’est dramatique. C’est une catastrophe. Il y a une obligation de réagir. Si tu n’as pas de main-d’œuvre, tu ne peux pas ouvrir», a lancé sur un ton alarmé Mme Frulla à notre Bureau d’enquête.

La directrice de l’ITHQ juge difficilement défendable l’écart de quelque 10 $ l’heure en faveur des serveurs, qui touchent les pourboires, contrairement aux employés de cuisine qui en sont privés.

«Dans un restaurant, on travaille en équipe. Oui, le serveur doit pouvoir bien conseiller le client tout en étant courtois et rapide, mais les employés de cuisine font les plats. Si le service est formidable et que la nourriture n’est pas mangeable, il n’y aura pas de clients non plus», explique Mme Frulla, pour qui la répartition des pourboires vise une plus grande équité.

La directrice de l’ITHQ constate que la pénurie frappe tous les secteurs de la restauration, tant dans le haut de gamme que la restauration rapide.

À Val-d’Or, le restaurant McDonald a fermé temporairement faute de main-d’œuvre. À Trois-Rivières, le restaurant Vincenzo a aussi dû fermer quelques jours faute de personnel de cuisine.

«La situation ne pourra que s’aggraver si rien n’est fait. Seulement en restauration, 29 000 postes sont à combler d’ici 2030», s’inquiète-t-elle.

Congrès des restaurateurs

Mme Frulla a porté son message mardi matin lors de son discours d’ouverture devant l’Association des restaurateurs du Québec (l’ARQ), qui tient son congrès à Trois-Rivières.

«Ne nous cachons pas la tête dans le sable. Peut-on croire à une rapide et durable augmentation de la main-d’œuvre si les salaires proposés restent les mêmes? Ils vont devoir augmenter comme les avantages sociaux», a-t-elle soutenu.

Mme Frulla estime que les emplois dans le secteur de la restauration doivent être davantage valorisés.

«Des emplois valorisants doivent être assortis d’une rémunération. Une solution pour augmenter le salaire est le partage des pourboires entre tous les employés de restaurant.»

L’ancienne ministre libérale est aussi d’avis que des changements au Code du travail seront nécessaires pour permettre aux propriétaires des restaurants d’obtenir le droit de gérance sur la question du partage des pourboires.

«Je sais qu’il n’y a pas unanimité sur cette question. Ce qui est unanime, c’est qu’il y a un manque de personnel et ce n’est pas vrai que l’immigration va tout régler.»

Secteur de la restauration au Québec (chiffres ARQ)

  • 20 000 établissements
  • 12 milliards $ de ventes
  • 22 000 emplois