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Des experts réclament le verdissement des stationnements à Montréal

La Corporation d'habitation Jeanne-Mance a remplacé il y a quelques années une partie de la surface asphaltée de son stationnement par une aire de plantation où l’on retrouve de nombreux arbres, buissons et fleurs en été.
Photo Zacharie Goudreault La Corporation d'habitation Jeanne-Mance a remplacé il y a quelques années une partie de la surface asphaltée de son stationnement par une aire de plantation où l’on retrouve de nombreux arbres, buissons et fleurs en été.

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MONTRÉAL | Des experts réclament le verdissement des stationnements à Montréal afin de lutter contre les changements climatiques et d'embellir la ville.

Alors que les stationnements occupent près de 10 % du territoire de l'île de Montréal, le directeur adjoint du Conseil régional de l'environnement de Montréal (CRE-Montréal), Félix Gravel, soutient qu'il est grand temps de verdir ces espaces asphaltés afin de réduire le nombre d’îlots de chaleur.

«Au lieu de faire partie du problème des changements climatiques, les stationnements doivent faire partie de la solution», estime-t-il.

L'organisme a créé en février l’attestation «Stationnement écoresponsable» qu'elle remettra en décembre à plusieurs propriétaires qui auront suivi les recommandations de son comité d’experts, qui est composé entre autres d’architectes et de professeurs universitaires.

Les entreprises peuvent, entre autres, installer des bassins de rétention des eaux de pluie, planter des arbres et «diverses plantes» et peinturer leurs stationnements avec des couleurs claires, suggère Félix Gravel.

Parmi les 20 entreprises qui se démarquent en la matière, on compte la Corporation d'habitation Jeanne-Mance, qui a planté une centaine d’arbres et des arbustes dans un de ses neuf stationnements, en plus d'y installer des bassins de rétention et de prévoir des espaces réservés au covoiturage. L'aéroport Montréal-Trudeau, qui réserve des cases de stationnement au covoiturage et a augmenté ses tarifs, fait également partie du lot.

Certains propriétaires pourraient toutefois être peu enclins à réaliser de tels aménagements, qui peuvent s’avérer coûteux.

«C'est plus simple de faire des espaces asphaltés. Le verdissement, c'est plus complexe et plus long», reconnaît M. Gravel.

En plus d'une augmentation du nombre de places de stationnement tarifées, le directeur adjoint du CRE-Montréal propose de réduire le nombre de cases «dédiées à l'auto solo» et d’y installer plutôt des supports à vélo ou encore de les réserver aux véhicules électriques.

«Verdissement contraignant»

L’architecte paysagiste Marc Fauteux note que sa firme «se fait appeler de plus en plus pour des travaux de verdissement des espaces minéralisés».

Selon lui, «tous les bâtiments publics devraient prêcher par l’exemple» en appliquant les propositions du CRE-Montréal.

«On dit qu’un bâtiment ne peut pas avoir une chambre sans fenêtre. C’est dans le code du bâtiment [...] On pourrait faire pareil avec les stationnements et rendre le verdissement contraignant», a-t-il illustré.

Certains arrondissements, dont Saint-Laurent et Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, ont d’ailleurs mis en place dans les dernières années des règlements établissant des seuils maximaux d’espaces de stationnement tout en faisant la promotion de leur verdissement.