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Noël moins gros mais plus rempli, c'est possible?

Noël moins gros mais plus rempli, c'est possible?
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Ça fait que l’halloween est passé, les centres d’achats ont commencé à faire jouer des airs festifs dans les ascenseurs, pis le Père Noël est d’ailleurs arrivé dans les allées de la plupart d’entre eux depuis une bonne grosse semaine.

Y’en a qui ont sorti leurs parfums à brancher à l’odeur de cannelle épicée, et certains ont même déjà commencé à allumer leurs décorations, le soir (trop tôt) venu. Les plus rabougris se sont mis à chialer contre la bonne humeur ambiante et à maudire les listes de cadeaux à fournir à l’univers au complet.

Moi, là, j’ai eu la bonne idée de faire trois enfants. Je me retrouve donc avec cinq listes de cadeaux à pondre, pour les trois familles. Calcul rapide de même, ça donne 15 listes à produire, si on veut éviter les doublons. Pis ça, c’est sans compter ma mère qui achète toujours une ou deux – ou 30 – gogosses sur le fly, parce qu’elle se sent inspirée par l’enchantement des fêtes!

Mon sous-sol ressemble littéralement à un CPE. En fait, j’ai vu des CPE qui étaient moins garnis de cossins éducativo-kitsch nécessaires à la préparation intellectuelle de tout mignon poupon de nos jours. J’ai une cargaison de calibre Costco de Lego qui font la file pour une éventuelle construction, mais comme on en reçoit tout le temps en quantités astronomiques, on ne fournit pas à les monter, à travers le train-train quotidien.

Je suis allée porter quatre boîtes de jouets, début octobre, à un organisme de récupération et recyclage, pis ça ne parait déjà plus. J’ose même pas imaginer à quoi ça va ressembler, début janvier.

Ça fait qu’il m’est venu l’idée de suivre la tendance déjà bien populaire et documentée par plusieurs mamans et blogueuses en tous genres : demander d’autre chose que 3012 cossins, comme cadeaux de Noël.

Mais là, mes amis, je me suis cogné le nez à une couple de sérieux questionnements. D’abord, si je demande aux familles de ne pas donner plein de cadeaux à MES enfants, mais qu’elles en donnent quand même 3012 aux cousins, mes enfants vont tu trouver ça injuste? J’imagine très bien mon six-ans-bientôt-quatorze m’engueuler :

– Mais là, c’est pas juste, cousin a eu quatre jeux pis moi j’ai eu juste un kit de karatéééééééééééééééé!

Ou ledit cousin :

– Nanèèèèèère, j’ai eu quatre cadeaux et toi t’as un billet de cinémaaa-ha!

Voyez le genre.

Fait que si je veux que ça marche, y faut que la famille au complet soit d’accord avec le projet, les mononcles pis les matantes aussi, à propos de leurs propres enfants, parce que sinon, ça va comme causer un drame que j’ai pas du tout envie d’avoir à gérer. Mais je veux pas non plus imposer ma vision de la chose au reste de la famille. Le problème reste donc entier, avant même d’avoir mis le projet en branle.

Mettons que j’arrive à convaincre les adultes d’embarquer dans mon projet, je vais ensuite devoir relever défi de rendre épanoui le pourvoyeur de cadeaux. Je me souviens de quelques items qui se retrouvent immanquablement sur la liste, mais que personne n’achète jamais malgré le fait que mes enfants en ont vraiment besoin. Tsé, le présent moins glamour mais tellement utile et que ton enfant veut depuis un bout!

J’entends déjà les commentaires :

– Mais là, en plus de donner moins de cadeaux, faudrait que j’aime même pas ce que je donne?

– Si je donne ce que t’écris, je peux compléter avec une surprise que je vais avoir choisie moi-même?

– Mais ça vaut pas assez cher, ce que tu as mis, je vais compléter avec deux-trois babioles!

Non, justement.

Pas de babioles.

On veut du pertinent, de l’utile, des beaux moments en famille! On veut se bâtir des souvenirs, et des petits rituels!

Pas de regarder les enfants manquer de capacité d’attention pour réagir à l’orgie de présents à déballer pis finir par dessiner sur un coin de table pour essayer de les faire décanter!

Pis parlant de souvenirs à bâtir, pourquoi pas des accès à un parc thématique, ou on pourrait aller, décompresser, avec les enfants? Mine de rien, pour nous c’est dispendieux et on repousse souvent la réalisation de ces activités. Parce qu’on peut pas toutes les faire, si on veut éviter la banqueroute, mais aussi parce que ce sont des sorties qui sortent du quotidien, de la routine, et que ça serait génial que tout le monde puisse en profiter!

C’est possible de réinventer, les célébrations de Noël, d’adapter la tradition, un peu, aux réalités actuelles, j’en suis convaincue.

C’est vrai que c’est vraiment agréable, de voir des enfants ouvris avec excitations le beau papier, les yeux pétillants de bonheur, mais ce bonheur-là, il est à notre portée avec un cadeau bien ciblé, aussi.

Au détour d’une descente en Krazy Karpet. Ou en faisant un casse-tête. Ou en cuisinant des biscuits avec sa grand-mère, en apprenant son premier kata, en allant voir une pièce de théâtre avec sa maman, en assistant à son premier match des Canadiens avec grand-papa, en lisant sa revue qu’il attend à chaque mois.

Parce que souvent il est bien là, le gros bonheur qui fait gonfler le cœur, dans les moments plus que dans les présents. C’est juste qu’on l’a oublié, en n’étant plus enfants.