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Le règne de l’arbitraire

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Le gouvernement Trudeau n’affiche pas uniquement un déficit budgétaire. Il accuse également un déficit de cohérence.

Le cas Netflix en est un exemple. Ottawa accorde à cette entreprise des avantages qu’il refuse à ses rivales canadiennes. Traiter équitablement les entreprises d’une même industrie est un concept apparemment étranger à M. Trudeau. Il préfère l’arbitraire et le favoritisme à l’impartialité et à la droiture. Malheureusement, les valeurs douteuses d’Ottawa transcendent la sphère commerciale.

Générosité

Rappelons que M. Trudeau a délié les cordons de la bourse pour verser une très généreuse compensation de 10 millions $ à Omar Khadr, un homme accusé de meurtre et de terrorisme. Plus récemment, il a octroyé la coquette somme de 31,2 millions $ à Abdullah Almalki, Ahmad Abou el-Maati et Muayyed Nureddin en guise de dédommagement pour les mauvais traitements subis en Syrie, alors qu’ils y étaient emprisonnés de un mois à deux ans, selon les cas.

Pour justifier cette pluie de millions, Ottawa argue que le Canada avait l’obligation morale de venir en aide à ses citoyens. Admettons. Mais alors que penser de la récente décision fédérale d’amputer les indemnités pour blessures ou maladies versées notamment aux commandos qui servent dans les Forces d’opérations spéciales ? Depuis septembre, que les militaires en convalescence soient rétablis ou non, leurs allocations cesseront après 180 jours. La perte financière peut représenter jusqu’à 23 000 $ par personne pour une période de 6 mois.

Moralité

Ainsi, M. Trudeau trouve normal d’offrir 10 millions à un criminel, mais lésine à verser la somme dérisoire de 23 000 $ à un homme qui sacrifie sa santé pour servir son pays avec courage et intégrité. Récompenser le crime et mépriser la bravoure et la loyauté : quelle philosophie obscène !

À vrai dire, le gouvernement Trudeau ne souffre pas d’un déficit de cohérence. Il est plutôt affligé d’un sordide déficit de moralité.