/entertainment/voixjunior
Navigation

Sydney Lallier, pionnière à 11 ans

En gagnant La Voix junior, Sydney Lallier a marqué l’histoire des compétitions de chant

En plus du soutien de sa coach Marie-Mai, Sydney Lallier a pu compter sur l’appui de ses parents cet automne. «Ils ont toujours confiance en moi, a indiqué la jeune rappeuse en entrevue. Ils sont de bons modèles. C’est mes idoles.»
Photo Chantal Poirier En plus du soutien de sa coach Marie-Mai, Sydney Lallier a pu compter sur l’appui de ses parents cet automne. «Ils ont toujours confiance en moi, a indiqué la jeune rappeuse en entrevue. Ils sont de bons modèles. C’est mes idoles.»

Coup d'oeil sur cet article

Au Québec comme ailleurs, les compétitions de chant télévisées n’ont jamais été l’apanage des rappeurs. Les aficionados de hip-hop franchissent rarement la première étape de sélection. Encore moins la finale. C’était avant Sydney Lallier.

Dimanche soir, la jeune fille de 11 ans a remporté La Voix junior devant 1 997 000 téléspectateurs. Elle est ainsi devenue la première rappeuse à gagner un concours du genre en Amérique du Nord, Star Académie, The Voice, American Idol, America’s Got Talent et X Factor inclus.

Douze heures après son triomphe, Sydney semblait fatiguée, mais fière. Fière d’être allée jusqu’au bout en demeurant fidèle à ses goûts. « Pour moi, c’était un avantage d’être différente, déclare la Granbyenne. Si j’avais été comme les autres, les gens ne m’auraient pas remarquée. »

« Sydney a transformé La Voix, indique sa coach, Marie-Mai. Elle a apporté tellement de couleur et tellement d’originalité. Pour moi, La Voix junior, c’est ça. Ce n’est pas juste des grandes voix classiques ou puissantes. C’est des voix uniques, c’est des styles uniques... Sydney a une voix bien à elle. Ce n’est pas tout le monde qui peut faire du rap avec autant de précision. Pour moi, c’est du jamais-vu d’avoir autant d’assurance à son âge. »

Un an plus tard

Sydney voulait participer à La Voix junior en 2016, mais ses parents l’ont convaincue d’attendre une année. Ils voulaient lui donner le temps de peaufiner sa technique en suivant des cours de chant.

« On voulait être sûr que j’étais capable d’aller le plus loin possible, explique la principale intéressée. Je n’avais pas envie de brûler ma chance en m’arrêtant tout de suite après les auditions à l’aveugle. »

La stratégie a porté ses fruits puisque durant toute la compétition, elle a épaté la galerie en reprenant tour à tour Where’s The Love des Black Eyed Peas, Glory de John Legend et Common, Hopeful de Bars and Melody, La force de comprendre de Dubmatique et Lose Yourself d’Eminem.

Plus que pour tout autre candidat, le choix des chansons de Sydney s’est avéré un défi colossal.

« Des chansons rap qui sont appropriées pour une jeune fille de 11 ans, il n’y en a pas des tonnes ! » rigole Marie-Mai.

Intimidation

Sydney gardera plusieurs bons souvenirs de La Voix junior. Parmi eux, elle mentionne la fois où Marie-Mai et elle ont parlé d’intimidation lors d’une répétition autour du piano.

« On m’a déjà intimidée parce que j’ai les oreilles décollées, raconte la benjamine d’une famille recomposée de cinq enfants. Mais j’ai peur des aiguilles. Je ne veux pas avoir de chirurgie.»

« Je lui ai dit qu’il y a plein de gens qui me trouvent trop grosse, trop maigre, pas assez bonne, trop bonne... poursuit Marie-Mai. Ça ne sert à rien d’écouter les personnes qui veulent nous démoraliser et qui s’amusent à nous trouver des défauts. Il faut se concentrer sur les gens qui nous aiment. Il ne faut pas porter attention au reste. Et c’est ce que Sydney a fait durant toute l’aventure.»

Et que compte faire l’heureuse élue avec la bourse de 25 000 $ qu’elle a gagnée dimanche ? La mettre de côté pour aller étudier le chant à New York.

« Elle veut être la meilleure qu’elle peut être, dit Marie-Mai. Sydney, c’est une travaillante. Elle ne lâche jamais. »


Sydney et les autres concurrents de La Voix junior se produiront au Centre Vidéotron de Québec le samedi 9 décembre. Au Centre Bell de Montréal le 16 décembre. Avec Marie-Mai, Alex Nevsky et Marc Dupré.