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Le cadeau de Hebert

Le secondeur des Alouettes donnera son cerveau à la science pour en savoir plus sur les commotions cérébrales

Kyries Hebert soutient avoir vu des étoiles pas moins d’une cinquantaine de fois au cours de sa carrière.
Photo d’archives, Sébastien St-Jean Kyries Hebert soutient avoir vu des étoiles pas moins d’une cinquantaine de fois au cours de sa carrière.

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OTTAWA | Avec près de 1000 plaqués et quatre commotions cérébrales répertoriés au compteur, Kyries Hebert a annoncé dans les derniers jours qu’il donnera son cerveau à la science. Une décision qu’il mijotait depuis quelques années après plusieurs discussions avec la Concussion Legacy Fondation.

Avec cette initiative, il souhaite redonner au sport qui lui a permis de gagner sa vie.

« Je ne serais pas l’homme que je suis sans le football, a indiqué le secondeur lors d’un point de presse où il a été honoré pour son titre de joueur défensif par excellence de la section Est. Je crois qu’il faut être vigilant au sujet à l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), qui est le résultat de l’accumulation des commotions cérébrales.

« Si tu veux faire une différence, c’est avec de l’information. C’est une discipline qui m’a beaucoup donné et j’espère qu’avec ma démarche, je pourrai éduquer les jeunes d’une certaine façon. »

Étant donné qu’il ne peut pas revenir dans le passé, Hebert a décidé de se concentrer sur l’avenir.

« Le futur, c’est de rendre notre sport le plus sécuritaire possible et ça passe par la réduction du nombre de plaqués, a-t-il ajouté. La LCF a fait un pas dans la bonne direction alors que les entraînements avec épaulettes seront interdits à compter de la saison prochaine. Sans compter qu’on aura droit à une semaine de repos supplémentaire pendant le calendrier régulier.»

Selon ses souvenirs, Hebert aurait subi deux commotions dans la LCF et deux autres lors de son court passage dans la NFL. Ce sont celles qui ont été documentées avec sa participation. Toutefois, il pourrait en avoir subi davantage en raison de son style intense et la violence de ses plaqués.

« C’est possible, surtout que j’ai vu des étoiles à une cinquantaine de reprises après des contacts », a ajouté le no 34 des Alouettes.

Pas de sexe

Avec sa franchise habituelle, il a raconté les deux événements qui ont mené à ses commotions dans l’uniforme des Alouettes.

« Ça m’a effrayé, a mentionné Hebert. Il y a quelques années, un adversaire m’a frappé alors qu’il était dans mon angle mort. Lorsque je suis revenu à la maison, la pièce tournait autour de moi.

« Puis, lors d’un match contre Hamilton, je ne me rappelais plus du mois où nous étions. Pourtant, celui d’octobre est important pour moi, car c’est celui de ma fête et d’un de mes événements caritatifs. C’était épeurant .»

Les symptômes d’une commotion sont variables d’une personne à l’autre et ils peuvent parfois chambarder le quotidien de l’athlète.

« Tu dois t’éloigner de ton ordinateur et de ton téléphone. Ce n’est pas amusant du tout, a expliqué le secondeur de 37 ans. Ta pression sanguine doit demeurer stable. Tu ne peux même pas avoir de sexe avec ta femme ! »

Par contre, il lève son chapeau aux médecins des Alouettes qui l’ont empêché de revenir au jeu trop tôt.

Au cours des prochaines années, il ne serait pas surprenant que le geste de Hebert fasse des petits dans les cercles de la LCF. Après tout, il n’est pas le seul à avoir sacrifié son corps et sa tête pour ce circuit.


Finaliste pour le titre de joueur défensif de l’année dans la LCF, Hebert est reparti bredouille du Centre Shaw lors de la remise des prix. Alex Singleton, des Stampeders de Calgary, l’a devancé au scrutin.