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La violence «noble»

La violence «noble»
Michel Desbiens/AGENCE QMI

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J’ai déjà lu ceci dont l’origine m’échappe cependant : «Si dans la vingtaine t’es pas un peu de gauche t’es sans cœur. Si dans la quarantaine t’es pas un peu de droite t’es sans cervelle».

Je l’ai trouvée bonne à l’époque et elle me semble encore valide aujourd’hui. Évidemment c’est une grossière caricature, mais comme toutes les caricatures, elle part d’un fond de vérité.

Pour les besoins de la cause, j’identifie ici la gauche avec des valeurs plus humanistes, le bien de tous, gros filet social, droit des minorités, un gros état bien gras qui contrôle tout et des impôts le plus élevés possible si tu as le malheur de faire un peu d’argent.

J’associe la droite avec un pragmatisme et un désir de rigueur économique doublé d’une responsabilisation de l’individu et d’un retrait du gouvernement dans le plus de sphères possibles. Bien sûr, tout cela accompagné d’impôts raisonnables.

La mauvaise nouvelle pour les deux camps c’est que les deux idéologies sont essentielles. Le Québec a une tendance naturelle à gauche parce que tout le système d’éducation nous pousse dans cette direction : de l’école et de ses profs syndiqués en passant par nos universités qui ont comme profs les Gérald Larose de ce monde.

Nous sommes aussi élevés avec Télé-Québec et la SRC, deux institutions très à gauche qui vivent d’ailleurs de l’état, on pourrait donc peu s’attendre à ce qu’elles se réclament de la droite.  

On confirme aujourd’hui dans La Presse qu’alors que la SRC nous abreuve de reportages sur l’extrême droite et la fameuse Meute (pour qui je n'ai aucun respect, mais qui me semble aussi dangereuse que Barney le dinosaure) depuis des mois alors qu’ils n’ont rien fait de criminel pour le moment, c’est l’extrême gauche qui est organisée et qui cause des méfaits au Québec.

Des anarchistes d’extrême-gauche qui s’en prennent aux structures, aux biens matériels et aux individus avec lesquels ils ne sont pas d’accord. Ils mettent le feu, frappent des gens, vandalisent la propriété privée. Impunément. Parce que leur cause est «noble».

L’article mentionne de plus que la plate-forme virtuelle de ces anarchistes ressemble à s’y méprendre aux sites de radicalisation djihadistes. Bref, du terrorisme de gauche.

Certains gens de gauche répondent à cet article en disant que les dommages matériels, ce n’est pas grave. De un, on ne parle pas seulement de bris mais bien d’attaques contre les personnes. De deux, et je m’excuse d’être grossier, il faut avoir la tête enfoncée très loin dans le cul pour penser que les dégâts matériels ne font pas de victime. Derrière les commerces il y a des gens, des familles qui en dépendent. Il est aussi très facile et très rapide de nos jours de se retrouver sans assurance et de là découlent une foule d’autres problèmes.

Une parenthèse pour souligner que personne ne trace de lien entre les médias de Montréal, très à gauche, et ces groupes anarchistes. Pourtant on ferait la même chose si tout cela se passait à Québec. Fin de la parenthèse.

Les deux sont essentielles donc, la gauche et la droite, ying-yang idéologique dont il faut privilégier l’équilibre.

Parce que le danger qui guette la droite plus extrême est de penser uniquement avec son portefeuille et d’oublier son humanisme. D’oublier que des coupures ici ont des effets sur des humains là. D’oublier que les réfugiés sont des êtres vivants avec eux aussi des familles. D’oublier que l’art a une valeur qui dépasse le pécuniaire.

Parce qu’à l'extrême gauche le danger est de se croire plus noble que les autres et qu’on ne fait pas partie du maudit «système». De croire que l’argent c’est mal alors qu’il finance justement tous les projets humanitaires et le fameux filet social. D'oublier que ton ennemi idéologique est lui aussi un être humain avec une famille. C’est alors qu’on se met à se justifier n’importe quel geste. À croire que notre cause vaut la violence. Comme tous les groupes terroristes depuis la nuit des temps ont justifié la leur.

Une bombe est une bombe est une bombe.