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Legault veut charmer... les adéquistes!

Legault veut charmer... les adéquistes!
Photo d'archives

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François Legault est aux portes du pouvoir. Il tend la main et peut pratiquement lui toucher. Il hume son doux parfum.

À 10 mois des élections, le chef de la CAQ est tout de même lucide. Il sait fort bien que tout peut changer en un claquement de doigts, ou en un sondage.

Il doit donc assurer ses arrières. Augmenter et consolider ses appuis.

Pour y arriver, il est prêt à tout, ou presque. Même à titiller le fond adéquiste des anciens sympathisants de la défunte ADQ. Ce même fond qui semblait pourtant enfoui assez profondément suite à la fusion entre les deux partis.

Jadis, quand le mariage de raison entre les deux partis fut officialisé, il ne fallait pas prier les caquistes pour les entendre dire qu’ils ne commettraient pas les mêmes erreurs de débutants que les adéquistes. Qu’ils seraient professionnels, eux.

Rappelez-vous encore à quel point les Gérard Deltell et Sylvie Roy avaient été relégués à des rôles de second plan... L’héritage adéquiste, c’était une espèce de maladie honteuse qu’il fallait cacher pour espérer séduire la belle montréalaise.

J’exagère, mais à peine.

Voilà que cette époque est désormais et soudainement révolue. L’heure est à la nostalgie!

Et c’est dans cette optique que la CAQ rendra hommage cette fin de semaine à Jean Allaire, cofondateur de l’Action démocratique du Québec en 1994.

Je me suis également laissé dire qu’au cours des derniers mois, des anciens militants adéquistes, qui n’ont jamais adhéré à la CAQ, auraient reçu des lettres de sollicitation du parti de monsieur Legault. On aurait pris soin d’y inclure des photos des belles années de l’ADQ... Oui, oui, nostalgie, quand tu nous tiens!

Ce que disent les anciens
Je me suis entretenu avec plusieurs anciens proches de l’ADQ au cours des derniers jours. Sans dire qu’il s’agit là d’une certaine forme d’hypocrisie, tous s’entendent au moins pour dire qu’il y a  là une bonne dose d’opportunisme.

C’est probablement de bonne guerre.

Mais dans les faits, qu’en est-il des grandes orientations proposées jadis par l’ADQ, en comparaison avec les positions actuelles de la CAQ? En me basant sur les observations de ces anciens adéquistes, voici quelques constats:

- L’ADQ prônait une mixité entre le public et le privé dans notre système de santé. Pas    la CAQ, qui se colle davantage aux positions traditionnelles des autres partis.

- L’ADQ insistait sur la réduction du fardeau de la dette, par souci d’équité intergénérationnelle. La CAQ souhaitait que le gouvernement pige dans le Fond des générations pour octroyer davantage de baisses d’impôts.

- L’ADQ prônait un conservatisme économique. Moins d’État, moins d’interventionnisme, moins de subventions aux entreprises. La CAQ pleure encore la vente de RONA et aurait souhaité, dans ce dossier comme dans bien d’autres, que le gouvernement se mêle de transactions privées.

- L’ADQ voulait abolir les commissions scolaires et donner davantage d’autonomie aux écoles. La CAQ veut transformer les CS en centre de service.

- L’ADQ voulait donner  aux parents 100$ par semaine par enfant afin de les aider et de leur offrir l’autonomie et la liberté de choix. La CAQ semble plutôt vouloir adhérer au bon vieux modèle actuel.

Alors, est-ce que les caquistes réussiront à rallier les brebis égarées?

Si il est vrai que les alternatives sont peu nombreuses pour les anciens adéquistes, il n’en demeure pas moins que certains pourraient être rebutés par la pâle copie de l’originale.