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Couteaux dans les avions: les agents de bord sont inquiets

L’autorisation par le fédéral des couteaux dans les avions met selon eux en péril leur sécurité et celle des passagers

Le ministre des Transports Marc Garneau n’a pas l’intention de reculer dans sa décision de permettre les couteaux de 6 cm et moins dans les avions. Les couteaux de type Karambit sèment également l’inquiétude auprès des agents de bord.
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY Le ministre des Transports Marc Garneau n’a pas l’intention de reculer dans sa décision de permettre les couteaux de 6 cm et moins dans les avions. Les couteaux de type Karambit sèment également l’inquiétude auprès des agents de bord.

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OTTAWA | Les agents de bord du pays implorent le gouvernement Trudeau de reculer sur sa décision d’autoriser les petits couteaux de 6 cm et moins dans les avions au nom de leur sécurité et de celle des passagers.

« Nous sommes d’avis que le changement va trop loin et qu’il met nos membres et le public en danger », écrit un syndicat qui regroupe 10 000 agents de bord dans une lettre envoyée cette semaine au ministre des Transports Marc Garneau, dont Le Journal a obtenu copie.

Les passagers canadiens auront le droit dès lundi prochain de voyager en cabine dans les avions avec une lame de six centimètres et moins, sauf sur les vols en direction des États-Unis, où cela est interdit. Les exactos et les lames de rasoir resteront toutefois bannis au pays.

Le changement ouvre la porte au port de petits kirpans sikhs dans la cabine. Certains opposants y voient d’ailleurs un accommodement religieux injustifié mettant en péril la sécurité des passagers, ce que le ministre Garneau nie avec vigueur.

Arme

Selon le Syndicat canadien de la fonction publique, certaines petites lames de moins de 6 cm sont carrément des « armes ». Les couteaux de type Karambit, par exemple, peuvent être dévastateurs et servent généralement à l’autodéfense.

Dans sa lettre, le syndicat « implore » donc Ottawa de garder hors des cabines des avions les lames de moins de 6 cm, tels les Karambit.

« Le changement proposé à la liste des articles prohibés ne fait pas de distinction entre les outils dotés de lames et de réelles armes », soutient Marie-Hélène Major, une porte-parole syndicale, dans sa missive envoyée au ministre Garneau.

La Division du transport aérien du Syndicat canadien de la fonction publique regroupe les agents de bord des grandes compagnies aériennes canadiennes comme Air Canada, Air Transat, Sunwing ou CanJet.

Sécuritaire

Le porte-parole du ministre Marc Garneau ne comprend pas de quoi se plaignent les agents de bord, puisque les lames de 6 cm sont déjà autorisées dans des dizaines de pays.

« Ces mêmes agents de bord sont sur des vols provenant de tous les pays où ces normes-là sont en vigueur », affirme Marc Roy.

À la Chambre des communes, le ministre Garneau a de nouveau tenté de se faire rassurant en énumérant les nombreux pays à avoir ouvert la porte aux petits couteaux dans les avions, dont tous les pays d’Europe.

Accommodement

Plus tôt dans la journée, au micro de Paul Arcand au 98,5 FM, M. Garneau a minimisé la menace que posent les petits couteaux en soulignant que les oreillers dans l’avion peuvent eux aussi servir d’arme entre les mains de personnes mal intentionnées.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, s’est quant à lui rangé dans le camp de ceux qui croient que la décision d’Ottawa vise d’abord et avant tout à accommoder un groupe religieux. « Le monde n’est pas fou. Ils savent bien ce qu’il y a en arrière de ça. C’est une espèce de deal avec certaines communautés », a-t-il dit au micro de Paul Arcand au 98,5.

Joint à Toronto, un leader sikh se désole de la tournure du débat au Québec. « C’est n’est pas parce que la communauté sikhe se réjouit de la décision qu’il s’agit d’un accommodement », souligne le porte-parole de World Sikh Organization of Canada, Balpreet Singh.