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Espoir infime de retrouver le sous-marin argentin et des survivants

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L’espoir de retrouver des survivants du sous-marin argentin San Juan était proche de zéro vendredi après l’annonce qu’il a été victime d’une explosion, mais les recherches pour le localiser se poursuivaient, au milieu du désespoir des familles de ses 44 marins.

Lors d’une conférence de presse jeudi à Buenos Aires, le porte-parole de la Marine argentine, le capitaine Enrique Baldi, a annoncé que les analyses réalisées en Autriche de «l’anomalie hydroacoustique» enregistrée avaient conclu à «un évènement anormal, court, violent, pas d’origine nucléaire, correspondant à une explosion».

Les autorités argentines et les navires et avions étrangers mobilisés tentaient toujours de localiser le sous-marin dans l’Atlantique Sud. La dernière position donnée était à 400 km des côtes argentines de la Patagonie.

Après une mission de surveillance et de patrouille, le submersible devait regagner la base navale de Mar del Plata, son port d’attache.

La zone de recherche a été considérablement réduite dans une zone où la profondeur va de 200 à 350 mètres, sur la plate-forme continentale, à la limite d’une faille qui dévale vers les profondeurs de l’océan.

Depuis mercredi soir, trois navires parcourent la zone où l’explosion est survenue, où les fonds vont de 200 à 3.000 mètres. En dessous de 600 mètres, le San Juan se disloquerait, selon les experts.

Effort international

Plus de 4000 personnes, quatorze navires et dix avions sont mobilisés pour les recherches, avec l’aide des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, du Brésil et du Chili. «Un effort national et international de grande magnitude», selon la marine.

Devant la base, des pleurs et des manifestations de désespoir parmi les proches des marins ont précédé l’annonce officielle. Ils venaient d’être informés de l’occurrence d’une explosion.

«Ils ne nous disent pas qu’ils sont morts mais qu’ils sont à 3.000 mètres de fond», a témoigné, en colère, Itati Leguizamon, l’épouse d’un marin, devant la base navale.

«Ils viennent de nous dire que le sous-marin a explosé», a dit en fondant en sanglots devant les caméras Jessica Gopar, dont le mardi Fernando Santilli est électricien à bord du San Juan.

«Comment je vais dire à mon fils qu’il n’a plus de père ? C’est la première fois que je viens à la base et je viens d’apprendre que je suis veuve», a dit la jeune femme en sortant de la base navale.

Improbables survivants

C’est terrible. D’après moi, après une explosion comme ça, c’est difficile qu’il y ait des survivants. C’est pratiquement impossible de trouver quelqu’un de vivant», a analysé pour l’AFP un ancien commandant de sous-marin.

«Un grave problème avec une batterie peut générer de l’hydrogène, qui au-delà d’un certain pourcentage, est explosif. Si une explosion s’est produite, eh bien, tout est perdu», a expliqué l’ancien commandant de sous-marin.

Le submersible, un TR-1700 à propulsion diesel et électrique, de fabrication allemande et construit il y a 34 ans, dispose à son bord de «500 tonnes de batteries au plomb et à l’acide, qui libèrent de l’hydrogène s’il y a surcharge des batteries, et l’hydrogène explose au contact de l’oxygène», a expliqué Gustavo Mauvecin, directeur du Centre de médecine hyperbare de Mar del Plata.

Le journal argentin La Nacion a avancé la thèse d’une explosion, «conséquence d’un court-circuit dans le bloc de 960 batteries qui alimente en énergie» le bâtiment.

Cela expliquerait l’absence de communications et le fait que le submersible n’a pas eu le temps d’activer sa balise de détresse.

Selon la Marine argentine, le sous-marin avait signalé un problème de batterie avant sa dernière communication, une avarie jugée pas suffisamment grave pour déclencher une procédure d’urgence. Le commandant avait décidé de poursuivre la navigation.

Localiser

Pour Horacio Tobias, ancien chef d’immersion du San Juan, «cela a été si violent qu’ils n’ont pas eu le temps de se rendre compte de quoi que ce soit».

Anticipant une éventuelle localisation du submersible, deux navires avaient appareillé mardi du port de Comodoro Rivadavia, en Patagonie argentine, avec un détachement de l’US Navy équipé de matériel de sauvetage, susceptible d’être utilisé en eau profonde, au cas où le San Juan aurait sombré, afin de secourir les membres d’équipage.

La Russie a annoncé envoyer un navire océanographique disposant d’équipements permettant d’»effectuer des recherches à une profondeur allant jusqu’à 6.000 mètres» grâce notamment à deux sous-marins miniatures.

Alors que des critiques ont fusé sur l’état du sous-marin, la Marine a répondu «qu’aucune unité n’appareillait si elle n’était pas en capacité de naviguer en toute sécurité».