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Toujours des golfeurs en automne

Seulement deux terrains dans la province peuvent encore accueillir ceux qui veulent étirer leur saison

Claude Ferran, de Saint-Lambert, jouait encore vendredi à Saint-Bernard-de-Lacolle.
Photo Prisca Benoit Claude Ferran, de Saint-Lambert, jouait encore vendredi à Saint-Bernard-de-Lacolle.

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SAINT-BERNARD-DE-LACOLLE | À quelques jours de décembre, seulement deux terrains de golf au Québec accueillent toujours des joueurs. Les mordus sont si nombreux à s’y rendre que certaines journées affichent complet.

Le club de golf International 2000 à Saint-Bernard-de-Lacolle sera au maximum de sa capacité aujourd’hui. Plus de 200 joueurs sont attendus sur le terrain.

« Il y a du monde de partout au Québec qui viennent chez nous parce qu’ils veulent continuer de jouer, assure le directeur général du club, Sylvain Patry. J’ai des gens des Laurentides, de Québec, même du Lac-Saint-Jean. »

Des golfeurs se sont même retrouvés bredouilles au moment de réserver. Le terrain était déjà plein pour la journée.

Le club de golf Saint-Polycarpe en Montérégie accueille encore des golfeurs lui aussi. Les deux clubs ne fermeront pas tant que la neige ne se sera pas installée pour de bon.

« Notre arbre de Noël est installé, il y a un feu dans le foyer et on sert de la bonne soupe chaude », s’amuse le propriétaire du terrain, Daniel Pilon. Son terrain n’a pas encore eu à refuser des golfeurs cette année.

Marque de commerce

Selon le nouveau président de l’Association des clubs de golf du Québec, Patrice Forcier, il s’agit des deux seuls terrains qui osent fermer aussi tard. Ils font aussi parties de ceux qui ouvrent le plus tôt.

« Ils en ont fait leur marque de commerce, dit-il. Si c’était extrêmement payant, on serait pas mal plus à rester ouvert aussi longtemps. »

« La différence en automne, c’est qu’on joue avec des gens qui aiment réellement le golf », rigole Claude Ferran, un retraité de Saint-Lambert qui joue au golf cinq fois semaine.

Le joueur d’expérience ne se laisse pas intimider par le froid. Il est sur le terrain même quand la température approche zéro. Il a même déjà joué un 28 décembre au Québec.

Selon lui, les joueurs n’ont pas le choix d’adapter leur jeu en automne. Le sol devient beaucoup plus dur et fait rebondir la balle bien plus loin qu’à l’habitude.

Les balles aussi se durcissent quand le mercure descend, ce qui les rend plus difficiles à frapper au loin. Les golfeurs peuvent choisir de frapper une balle plus flexible. Ils peuvent aussi jouer avec deux balles pour toujours en avoir une au chaud dans leur poche.

La dernière fois ?

« Chaque fois qu’on vient en automne, on dit que c’est la dernière fois », s’amuse M. Ferran.

Jamie Moore travaille à temps plein, mais réussit quand même à venir claquer des balles de trois à quatre fois par semaine. La température ne l’arrête pas, lui qui a déjà joué à -5 degrés Celsius.

« Il s’est déjà mis à neiger pendant qu’on jouait. On a continué aussi longtemps qu’on a pu, mais on a fini par perdre nos balles dans la neige. »

La majorité des clubs de golf ferment leur terrain à la fin octobre pour pouvoir les protéger avant les premières neiges. Les deux clubs toujours ouverts, eux, n’utilisent pas de toiles pendant l’hiver. Coïncidence ?

« Tout ce que je peux dire, c’est qu’il n’y a pas de recette miracle, croit Sylvain Patry. Nous, on préfère casser la glace quand elle se forme plutôt que recouvrir notre terrain. »